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Opinions

Sans révolution économique, l’indépendance reste symbolique

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Alceus Dilson, Communicologue, Juriste  Alceusdominique @gmail.com 

January 21, 2026 · Lecture : 2 min

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Activité dans un marché
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L’international œuvre à effacer Haïti de l’arène de la politique internationale jusqu’à remettre en cause son indépendance.

L’international travaille à rendre Haïti toujours plus pauvre et à le faire disparaître de la scène internationale. La première étape de cette entreprise consiste à retirer l’instinct de vie de l’être haïtien : le rendre sans honte, sans dignité, le réduire à un peuple présenté comme incapable d’évoluer, jusqu’à le pousser à renoncer à son indépendance au profit de ses anciens maîtres. Ils nous ont chassés de partout.

Si Haïti a su mener une révolution politique, sa plus grande erreur fut de ne pas accomplir la révolution économique. Or, sans économie, l’État est comme un sac vide : il ne peut pas rester debout. Après l’indépendance, les sucreries et plusieurs autres usines furent détruites, et nous n’avons pas su relancer l’économie nationale à cause des troubles politiques permanents. De 1804 à nos jours, l’économie n’a jamais été une priorité pour nos élites. Même dans l’opinion publique, les experts parlent de tout, sauf d’un véritable plan économique capable de redonner dignité à l’être haïtien.

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Haïti est un empire devenu la honte du monde. Notre plus grande erreur historique fut de ne pas avoir consolidé notre indépendance en tant que premier peuple noir libre, après avoir pourtant changé le cours de l’histoire mondiale. Aujourd’hui, le monde nous observe. On ne peut pas s’agenouiller devant ceux contre lesquels on a arraché son indépendance par la force. Au contraire, il faut travailler pour se maintenir en vie dans un monde régi par la loi du plus fort.

Le premier passeport d’un peuple n’est pas le livret qu’il porte lorsqu’il voyage à l’étranger, mais l’état de son économie, la solidité de son État et ce qu’il représente dans le monde contemporain. Lorsque le problème économique est résolu, tous les autres problèmes le sont à moitié. À titre d’exemple, la Chine s’est concentrée sur le développement économique de son peuple ; aujourd’hui, elle est la deuxième puissance économique mondiale et l’une des premières puissances militaires.

Nous étouffons dans une crise politique chronique qui nous détourne de l’essentiel : l’économie. C’est là le plus grand piège tendu contre l’homme haïtien.

Le problème de l’insécurité ne peut être résolu sans un redressement économique. La pauvreté est la cause première de l’insécurité généralisée. Le délinquant est souvent un individu exclu de la société, qui tente de construire son propre monde en marge de l’État.

Face à ce mépris et aux plans destructeurs de l’international, les Haïtiens doivent réveiller en eux le sens de l’humain et reconnaître que le véritable problème d’Haïti réside dans une économie bloquée depuis 1804. Cette paralysie économique engendre l’instabilité politique, qui elle-même conduit à l’insécurité généralisée. En résolvant la question économique, nous trouverons les moyens de bâtir une armée forte, moderne et capable de garantir notre souveraineté.

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