L' Observatoire national du Sport haïtien (Onash) a lancé, ce jeudi 15 janvier 2026, la 3e édition du concours national sur le sport à l'université Quisqueya (Uniq) autour du thème : Le rôle des institutions scolaires dans la sauvegarde du patrimoine culturel sportif en HaÏti. Cette 3e édition se déroule en partenariat avec des institutions telles que l'Unesco, le MENFP, le FNE, l'Uniq, Wonderful Institute et la Chambre de commerce haitiano-brésilienne (CCHB).
Une visite guidée de l'université Quisqueya a démarré l'événement avant le début officiel à 10h AM. Il s'agissait d'introduire les futurs bacheliers dans le monde de l'Uniq en leur présentant l'Uniq et ses composantes (ses départements et services ).
La cérémonie a debuté avec l'interprétation du 4e couplet de la Dessalinienne interprété par un lycéen suivi d'une projection se rapportant à l'édition précédente marquée par les discours du représentant de l'UNESCO en Haiti, du président de l'Onash, du gagnant.
La deuxième lauréate de l'édition précédente, dans son discours de circonstance , a mis l'accent sur la nécessité de préserver le patrimoine culturel sportif d'Haïti appelant les responsables à assumer leurs responsabilités. Aux jeunes engagés et à l'Onash, elle a formulé le vœu que ce concours se pérennise pour le progrès scientifique.
Lors de son intervention, le représentant du FNE, le directeur général, M. Elysée Collagène, a souligné l'alignement de ce grand concours avec la mission du FNE. Selon lui, la sauvegarde du patrimoine sportif va au delà de la valeur académique. Elle s'étend comme une obligation à tous ici et ailleurs. Il s'agit d'un héritage à transmettre aux générations futures. «Nous célébrons notre culture, notre jeunesse. Je vous invite à participer brillamment au concours qui est un sujet de fierté nationale», a proclamé le numéro 1 du FNE.
Amanda Céligné, élève du lycée national de La Saline, a ponctué la cérémonie avec une note musicale. Celle-ci intitulée «Je n'ai qu'une philosophie» a invité les participants à être fiers de leur origine malgré les remontrances de la vie, d'affronter la peur. «Viser la lune, ça ne me fait pas peur», a chanté la lycéenne.
Marc Prou, doyen des affaires éstudiantines de l'Uniq, a été chargé de remplacer le recteur Jacquy Lumarque à l'événement. Il a rappelé avoir dit deux choses aux participants lors de la visite guidée à l'Uniq peu avant la cérémonie : premièrement, si vous êtes lauréat au bacc, vous aurez une bourse complète, a- t-il annoncé, deuxièmement , avec le sport universitaire, vous aurez 33% de réduction sur vos frais à l'Uniq».
L'Uniq, accueillant cette 3e édition du concours, se veut un partenaire clé de l'activité qui place les institutions scolaires au coeur des réflexions sur le sport. «On est au delà des terrains de jeux. Il s'agit de conjuguer excellence intellectuelle et discipline sportive. Les sports pratiqués à l'Uniq même font partie de la formation», a déclaré M. Proux. L'Uniq espère que l'Onash arrivera à former cette génération de jeunes capables de préserver le patrimoine sportif d'Haïti. «Travailler dur pour reussir», a conclu le représentant de l'Uniq.
Aux côtés de l'Uniq s'affiche deux nouveaux sponsors cette année : la chambre de commerce haitiano-brésilienne (CCHB) et Wonderful Institute. La première institution offre des bourses d'études dans des universités brésiliennes aux cinq premiers gagnants tandis que Wonderful Institute, également membre de la CCHB, offre 10 bourses d'études dans les filières professionnelles aux gagnants.
« C'est un honneur pour la CCHB de s'aligner avec les acteurs de l'éducation afin d'investir à la base, dans l'avenir des jeunes, question de dynamiser la préparation des ressources humaines qui serviront au commerce entre Haiti et le Brésil », a écrit la CCHB sur son site officiel pour saluer le concours.
Par la voix de son président, Jean Rico Félix, la jeune chambre de commerce entend soutenir les jeunes bacheliers concrètement dans un contexte marqué par une crise économique grave en Haiti.
Une autorité étatique, Antoine Augustin, s'est fait représenter par M. Valéry Coquillon en la circonstance. «Le thème est riche de sens car il évoque nos valeurs collectives, nos valeurs populaires», a dit le représentant du ministre. «Les écoles ont un rôle de transmission à jouer dans la sauvegarde du patrimoine sportif haïtien. Elles doivent sensibiliser les élèves sur les icônes du patrimoine. Un rôle de formation d'enseignants sportifs et la pratique du sport dans les écoles. Pour y arriver, l'État se doit de reconnaître le sport comme élément du patrimoine culturel comme la musique. Le sport est une part de nous même à préserver, a ajouté M. Coquillon.
L'UNESCO revient à la charge comme à l'accoutumée avec son représentant Eric V., représenté par Mme Max Dala Téger, officière en éducation. S'adressant aux assistants, elle a salué l'État haïtien qui, à travers le MJSAC, a institué la journée nationale du sport en juin 2025. Mme Téger a loué les efforts du MENFP qui oeuvre à la structuration du sport scolaire. «Il existe un partenariat qui mobilise 30 universités dont 63% de filles autour du sport», se réjouit l'officière à l'UNESCO. Et le concours national de dissertation sur le sport vient de muscler les efforts. Le sport et l'activité physique sont des droits fondamentaux, a-t-elle scandé. Elle a égrené tant de faits portant le sport au pinacle malgré les défis comme vecteur de paix, d'unité et de fierté nationale prenant comme exemples : Melchie Dumornay et la qualification d'Haiti à la prochaine coupe du monde de football.
Le président de l'Onash, l'infatigable Me Edwing Charles a souligné, à l'encre forte, l'importance du patrimoine sportif qui raconte nos valeurs et nous rassemble. L'école forme les jeunes, et le sport devient un langage éducatif puissant et un ferment d'appartenance nationale. Une culture vivante est celle qui se transmet et transforme, a-t-il dit citant l'écrivain Aimé Césaire. Écrire sur le sport c'est écrire sur le vivre-ensemble, la solidarité, le respect, a expliqué l'ancien ministre des sports. Il a rappelé aux parents qu'en investissant dans leurs enfants, qu'ils sèment des graines d'espoir pour le développement du pays.
L'éducation, la culture et la citoyenneté sont au coeur du concours, précise le président de l'Onash arguant que l' éducation par le sport est le plus puissant outil pour changer le monde. Préserver le patrimoine sportif, c'est préserver l'avenir du sport haïtien, a-t-il poursuivi avant de prononcer les mots d'ouverture du concours qui, trois mois durant, verra les élèves des écoles du pays écrire sur le sport. Toujours fier de son origine modeste, M. Charles espère que La Saline renaîtra de ses cendres, rappelant qu'il en est un natif. Il a conclu son vibrant discours en remerciant les écoles participant au concours sous une salve d'applaudissements de l'assistance entièrement gagnée à la cause.
M. Evenson Calixte, le vice-recteur de l'Uniq, lui aussi issu de milieux modestes dont il est fier, parvenu au sommet de l'État et de la formation universitaire, a boosté la motivation des écoliers en leur rappelant qu'il est le fruit d'une bourse d'études octroyée par l'Uniq pour le Japon. Le vice-recteur, fort sensible aux bourses d'excellence, a appelé le FNE à étudier le dossier des élèves et à leur accorder des bourses. « Au terme de mes études secondaires, ma mère, seule, ne pouvait pas financer mes études universitaires. C'est grâce à une bourse obtenue à l'Uniq que j'ai pu étudier le génie mécanique au Japon. Puis je suis revenu au pays pour devenir le vice-recteur de l'Uniq et le directeur général du Conseil énergétique en Haiti», a témoigné de façon émouvante M. Calixte.
Une séance de photos de famille à bouclé la cérémonie qui marque le début d'une nouvelle aventure pour les écoliers du pays qui peuvent s'y lancer en puisant des infos sur le site web de l'Onash (www.onash.org).
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