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Carnaval: dantan lontan bagay yo pat konsa

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Emmanuel Bellevue manubellevue@yahoo.fr

January 27, 2026 · Lecture : 3 min

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Carnaval à Port-au-Prince
Carnaval à Port-au-Prince
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Ceux qui ont eu le privilège de vivre les belles années d’Haïti des années 60 jusqu’à 1985 ne cesseront de parler du carnaval à cette époque qui constituait le centre d’attraction culturelle dans les Caraïbes.

À commencer par les années 60, avec cette polémique qui faisait la une des festivités carnavalesques mettant face à face l’orchestre Nemours Jean-Baptiste (fondateur du compas) frappé aux couleurs «rouge et blanc» à Webert Sicot (Cadence Rampa), identifié aux quatre couleurs.

Chacun de ces deux groupes se bousculait à l’occasion des trois jours gras pour être le dernier groupe du défilé, une façon de bien créer l’ambiance. À ne pas oublier ces deux personnages qui illustraient d’ailleurs ces deux groupes mythiques de l’époque : deux Volontaires de la Sécurité nationale (VSN) qui procédaient à des exhibitions sur motocyclette et qui n’étaient autre que Jean Kouri pour Nemours Jean-Baptiste d’une part et d’autre part, Jean-Fils Aimé, pour Wébert Sicot.

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La polémique entre ces deux orchestres devait prendre fin en 1970, pour faire place à la polémique mettant aux prises certains mini-jazz de l’époque comme les Loups Noirs face aux Ambassadeurs et les Difficiles face aux Gypsies (tous deux issus de Pétion-Ville).

Dans les années 80, le Carnaval allait passer à une autre dimension, au cours des années 80, lorsque le Gouvernement de Jean-Claude Duvalier associé à la mairie que dirigeait Franck Romain, investissait dans la venue de reines issues des Antilles et d’Amérique latine, pour participer au défilé.

Sans parler du Champ-de-Mars qui revêtait en la circonstance un air de fête avec la présence des stands à l’initiative de Bilkwick qui voyait tout le monde, qu’il soit ébéniste, artiste peintre, «machan manje kwit» et ce déferlement de décibels sur le béton avec tout d’abord la grande Puissance (Bossa Combo) où Musique des Antilles de Jean-Claude Verdier avec le support évident de la présidence, investissait gros dans le matériel et autres équipements sonores pour la bande à Raymond Cajuste.

Il faudra aussi préciser cette polémique qui mettait le DP Express face au Scorpio, sans oublier la prestation d’autres formations musicales comme Shoogar Combo, Dixie Band, Chanel 10 et pour finir, cette animation que créait sur le parcours, certaines bandes à pied comme le Peuple s’amuse, Mini-minuit du Bel Air, Lobodia de Bas-Peu-De- Chose, Soro band de Delmas, Capitaliste de Pétion-Ville, pour ne citer que ceux-là.

Mentionnons également que le Carnaval était l'occasion pour bon nombre de gens de faire de la musculation (depuis le mois d'octobre) question justement d’avoir la forme idéale pour s’adonner à des «laissez-frappé» bien souvent réprimandés par les forces de l’ordre.

J’allais oublier, pour finir, le Carnaval des Étudiants, une autre forme de divertissement avec les différentes Facultés qui louaient les services des formations musicales bien connues à l’époque et montées bien sûr sur des Chars, pour créer l’ambiance.

Il est vrai qu’on a connu d’autres formes de Carnaval après le départ des Duvalier, mais ceux qui ont vécu les belles années du Carnaval haïtien, ne cesseront d’évoquer tout ce déferlement de décibels au Champ-de-Mars riche en couleurs pendant trois jours dont la clôture se faisait toujours au Rond-Point Restaurant (Bi-Centenaire) par une cérémonie au cours de laquelle, la mairie procédait à la remise de primes alléchantes aux meilleurs.

Et c’est avec peine de constater de nos jours, cette dégradation que connaît l’organisation du Carnaval, qui, n’était-ce la ville de Jacmel verrait la Clef de cet évènement culturel jetée dans les profondeurs de l’oubli par nos décideurs politiques.

Emmanuel Bellevue

manubellevue@yahoo.fr

   

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