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Opinions

“Woy, Les Voilà!…Kèskonfè”?

RN
Raphaël N. Jean-François

January 28, 2026 · Lecture : 8 min

🇫🇷Lire en français
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Détrompez-vous, mesdames et messieurs, il ne s’agit pas du feuilleton à succès qui nous avait tenu en haleine pendant 12 années consécutives de 1982 à 1994. Ce feuilleton radiophonique de Mona Guérin que les plus jeunes peuvent ne pas connaitre a été diffusé en 950 épisodes pour la satisfaction de nombreux fans, jeunes et vieux.

Ce “Woy, Les Voilà” d’aujourdhui n’est point plaisant. C’est une plaisanterie de mauvais goût qui se déroule sur les réseaux sociaux depuis la Mi-Janvier avec pour toile de fond l’avenir de la nation haïtienne, si nation il nous en reste encore. Eh, oui, je parle d’une macaquerie, une sorte de moquerie politique dont les acteurs sont des cons, ces mêmes connards incompétents qui ont marqué la transition politique d’Haïti pendant le dernier mandat présidentiel légitimé par le vote populaire de 2016, et plus précisément durant les années de vacillement d’après l’assassinat de Jovenel Moise. 

À moins d’être complètement déconnecté, vous aviez déjà vu la mascarade de Jean Renel Sénatus qui, accompagné d’une bande de Moutons de Panurge, bande d’hébétés politiciens, a laissé tomber son masque de bouffon pour révéler son vrai visage, celui d’un bluffer en politique qui, au dernier moment, monte au créneau en mode chef de chorale parodiant une chanson évangélique afin de nous imposer une formule pour ce qui est déjà évident au sujet de la survie du CPT. S’il faut utiliser de la moquerie pour traiter un sujet aussi important qu’est l’avenir politique d’Haiti, eh bien je me demande de quelle étoffe est fait cet homme politique qui veut se hausser au devant de la scène. 

300 × 250

Outre l’ancien Sénateur qui s’était tu durant l’exercice du pouvoir partagé du CPT, pour peut-être agir en coulisse, nous avons pu remarquer le retour rocambolesque de André Michel, celui qui, presqu’à lui seul, avait pris en otage le processus politique durant le mandat de Jovenel Moise, et qui certainement avait joué un role prépondérant durant le pouvoir inefficient et inefficace de Ariel Henri. Chahûté, d’une part, et flanqué, d’autre part, par des travailleurs politiques à sa solde, celui qui s’était imposé comme artisan vocal d’une transition de rupture, mais qui s’est finalement transformé en apaisé politique associé directement et indirectement aux deux dernières alternatives politiques, se positionne déjà pou l’après CPT. Il le fait tout en durcissant son tein et en gonflant sa posture pour essayer de nous convaincre qu’il maitrise encore le béton politique de Port-au-Prince.

D’autres acteurs qui ont piteusement contribué á la sempiternelle crise politique aigue que nous vivons aujourd’hui ont refait surface. Marjory Michel est de retour avec son discours creux maladroitement axé sur la participation des femmes dans le processus politique et l’administration gouvernementale. La participation des femmes en politique est un sujet important en démocratie, mais dans notre cas, la messagère, de par sa réputation et crédibilité, a tué le message. J’ai lu quelque part que le Sénateur Youri Latortue aurait participé à des sorties de distribution de nourriture tant à la capitale que dans son fief dans l’Artibonite. Mis á l’écart et muselé, semble-t-il, depuis l’annonce des “sanctions internationales” en 2022, l’homme fort de l’Artibonite s’était replié de l’arène politique. Distribuer de la nourriture aux affamés est noble, mais le faire pour sortir de son hiatus politique n’a rien de noblesse.

Tous ces acteurs de la politique haitienne qui essaient de regagner leur “groove” (à la manière de Stella) ont certainement reniflé l’odeur que charie le vent des élections annoncées et promises pour 2026 mais très peu probables dans le contexte actuel. En voulant être comique, stoique, ou se montrer affable et concerné par la misère de la population, ceux qui reviennent au devant de la scène politique nous ont offert des mises en scène ridicules. Hors, “le ridicule tue” selon Dominique de Villepin. La nation doit à ce point se demander “kote yo prale”! Comment peuvent-ils nous faire croire qu’ils sont à la hauteur des problèmes qu’ils ont aidé à créer. Comment saurons-nous les dérouter? Avons-nous déjà oublié les promesses farfelues de conférence nationale souveraine, de dernière transition, de changement de système, de “tranzisyon koupe fache”? 

Woy, les voilà encore! Ils essaient de retourner sur les lieux du crime. Sommes-nous amnésiques á ce point pour nous laisser berner par ces mêmes recalés? Nous avons la responsabilité de dire non collectivement. “Haro sur le baudet” doit être le cri du moment. Les collectivités nationales doivent s’armer du courage nécessaire pour barrer la route aux imposteurs. On répète toujours que “ les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent”. Cet adage invoque une responsabilité implicite et collective dans la bonne ou mauvaise gouvernance d’une nation. C’est un appel au devoir citoyen, une invitation á bien chosir nos dirigeants. Ceci nous exhorte à l’action civique. Que devrions nous faire…”Kèskonfè”?

Dans notre cas, l’action civique qui s’impose doit être celle d’accompagner les électeurs pour faire échec aux artisans identifiés de nos malheurs. Que nous le voulons ou pas, il y aura des élections! Donc, que la société haitienne se réveille et se prépare en conséquence. Il est de notre devoir de répudier les acteurs haitiens qui ont contribué à notre échec présent, de rejetter les ingérences nationales et internationales dans un quelconque processus électoral à venir. Nous avions passivement accepté le décompte des fameux votes blancs en 2006, et les dictats et tractations de l’internationale en 2010. “Woy, les voilá” s’applique aussi aux embassades étrangères qui gèrent la politique haitienne au su de nous tous. Les représentants des pays étrangers ne sont plus des diplomates, mais des acteurs intrinsèques de la politique locale. Ils sont encore moins des amis d’Haïti parce qu’ils ne défendent que les intérêts de leur pays, des intérêts dont nous sommes malheureusement ignorants. “Kèskonfè” face à l’ingérence qui se contruit encore à l’horizon?

Au moment de la rédaction de ce texte, du 21 au 23 Janvier 2026, la nation assiste encore à un bras de fer entre les deux branches du pouvoir transitionel. Encore un fait ridicule qui peut tuer surtout quand l’internationale, avec l’embassade américaine en tête pour faire écho à l’Administration Américaine, s’est penchée du côté de ses intérêts pour forcer le jeu. Il est temps que la nation ait le courage de se mettre debout, de dire non à l’innaceptable, et se battre pour inscrire l’intérêt national sur l’agenda politique. Si nous ne l’avions pas remarqué, Maitre Samuel Madistin, dans un ton et style propres à lui seul, a fait des révélations sur son expérience avec le pouvoir politique Lavalas lors de son mandat de Sénateur. Il y a de la connivence d’État en Haiti. Le pouvoir politique est en collusion avec des secteurs corrompus et ils travaillent ensemble contre l’interêt collectif. Intervenant sur la plateforme “Se Sa Nou Vle” de Rudy Thomas Sanon, le jour du 22 Janvier 2026, il a déclaré haut et claire que “le peuple haitien n’est pas inscrit sur l’agenda politique des dirigeants haitiens, ni celui de l’internationale”. Compte tenu de ce qu’il a révélé, j’avance que le peuple doit forcer le jeu politique pour que ses intérêts et ses besoins soient pris en compte par ceux qui nous gouvernent. Il nous faut trouver les gens de confiance qui peuvent travailler dans le sens de l’intérê national. Nous ne devons plus être sages et patients pacre que le jeu politique force à couper. Il est temps de ne plus avoir peur de tout chambarder, de défier l’ordre actuel imposé par les acteurs locaux sous ordres de l’internationale. Le leitmotiv JPP, Jan l Pase Pase, des années 1986 -1988 peut bien nous servir, tout bluff et bluffeurs mis de côté!

Ce n’est plus le temps de se plaindre de nos malheurs, ni d’avoir peur d’être envahi et occupé. Les musiciens, les artites et les gens de lettres ont longuement chanté, peint et fait de la poésie sur les maux d’Haïti. Nos actes de remédiation sont peu et faibles. De par notre torpeur, nous sommes entrain de perdre nos actifs, notre avenir et le pays aussi. Nous pouvons encore sauver Haïti si nous le voulons collectivement. Les autres classes sociales ne peuvent plus se croiser les bras et attendre que le lumpen fasse le travail de grande contestation sociale. Elites intellectuelles, les gens de bien, la classe moyenne dans toutes ses strates, les économiquement forts, et le lumpen doivent ensemble exprimer leur colère.

Que vous soyez leader d’opinion, influenceur(euse) sur les réseaux sociaux, animateur(trice) de grande écoute, il faut absolument embrasser votre rôle d’accompagnateur du peuple. Le seul moyen d’empêcher l’effet des billets de mille gourdes sur notre avenir politique, c’est d’utiliser votre influence pour orienter les plus faibles d’esprit. Simples citoyens, vous avez aussi la responsabilité d’exercer votre devoir citoyen dans votre communauté immédiate. Si nous devrions passer par les élections pour entamer la sauvegarde nationale, eh bien quand viendront les joutes électorales nous devons être prêts à informer, éduquer, encourager les gens à s’inscrire et surtout les porter à aller exercer le devoir de voter au jour J.

Avant de pouvoir créer le climat propice pour une participation effective des citoyens pour sauver et sauvegarder la nation, nous avons besoin d’être encore plus courageux pour déblayer la république de nos cancres et de radier ses cancers d’aujourd’hui! Quand la nation sera debout et en colère contre le phénomène des gangs qui tuent, pillent et violent sous le nez des “dirigeants” complices, et oriente sa colère vers ceux placés pour nous diriger et protéger, ils sauront quoi faire pour éviter ce qui est presque inévitable!

Cessons d’être passifs et de nous contenter de seulement dire “Woy, les Voilà”! Soyons de préférence les acteurs qui façonnent notre avenir. Nous ne pouvons plus être spectateurs du déclin national! Que vous soyez en Haïti ou loin d’elle, impliquez-vous aujourd’hui même dans le processus de changer son avenir. Attelez-vous à trouver votre champ d’action et agissez! Pour répéter le Pape Jean-Paul II, “il faut que quelque chose change”. Nous sommes ceux qui peuvent le faire, car l’avenir d’Haïti en dépend.

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