EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Construire une Haïti juste et démocratique passe par l’inclusion des femmes handicapées

LN
Le Nouvelliste

March 6, 2026 · Lecture : 4 min

🇫🇷Lire en français
Femme handicapée
Femme handicapée
Suivre sur Google Actualités

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars 2026 autour du thème mondial « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », l’Union des Femmes à Mobilité Réduite d’Haïti (UFMORH) appelle les autorités nationales, les acteurs électoraux, les partenaires humanitaires et la communauté internationale à agir pour que les femmes et les filles en général, et celles vivant avec un handicap en particulier, soient pleinement incluses dans la construction d’une Haïti juste et démocratique. Une inclusion indispensable pour renforcer la crédibilité du droit, de la justice et de la démocratie.

L'UFMORH continue de déplorer la lenteur dans la prise de décisions concrètes - pour ne pas dire un manque manifeste de volonté - visant à garantir l’accès des personnes handicapées, notamment des femmes et des filles, aux services de base. Le manque d’infrastructures accessibles, d’informations adaptées et de dispositifs institutionnels inclusifs constitue une forme d’exclusion des espaces physiques, sociaux et décisionnels. Dans ce contexte, l’insécurité, combinée au manque de mécanismes adaptés de prévention et de réponse aux violences basées sur le genre, crée un environnement particulièrement dangereux pour ces femmes et ces filles.

Dans les situations d’urgence humanitaire, l’aide demeure difficilement accessible aux femmes et aux filles handicapées. Leur situation de désavantage physique est rarement prise en compte dans un environnement où chacun tente d’être parmi les premiers bénéficiaires de l’assistance. En l’absence de mécanismes adaptés ou de dispositifs facilitant leur accès à l’aide, elles se retrouvent souvent reléguées au second plan, alors même qu’elles comptent parmi les personnes les plus vulnérables. Dans les sites accueillant des personnes déplacées internes, leurs besoins spécifiques restent encore trop souvent ignorés.

300 × 250

Les obstacles se manifestent également dans l’accès à la justice. L'UFMORH regrette que les autorités judiciaires peinent à offrir une assistance adéquate à de nombreuses femmes et filles victimes d’agressions et de violences, notamment en raison de leur handicap. Lors du dépôt de leurs plaintes ou de leurs dépositions, elles sont parfois confrontées à des attitudes discriminatoires ou à un manque d’accompagnement adapté de la part de celles et ceux qui devraient les soutenir dans leur quête de justice. L’accueil institutionnel ne leur inspire pas toujours confiance et la patience nécessaire à l’écoute de leur situation fait souvent défaut, une situation qui profite généralement aux agresseurs.

Cette réalité est d’autant plus préoccupante que le pays se trouve aujourd’hui à un moment charnière, marqué par les discussions autour du processus électoral. Dans ce contexte, l'UFMORH exprime sa profonde inquiétude quant à la participation effective des femmes handicapées - notamment celles déplacées internes - aux prochaines étapes de la vie démocratique.

Le droit de vote, le droit d’être candidate et le droit de participer aux débats publics ne peuvent être suspendus de facto en raison de l’absence de mesures d’accessibilité et de sécurité adaptées. L’exclusion silencieuse des femmes handicapées des processus électoraux compromet la représentativité démocratique et contribue à renforcer les inégalités structurelles.

La participation des femmes handicapées à la vie politique ne relève pas d’un geste symbolique. Elle constitue une obligation juridique et démocratique.

En effet, Haïti est État partie à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui garantit la participation pleine et effective des personnes handicapées à la vie politique et publique. Le pays est également engagé à travers la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, qui impose l’élimination des discriminations envers les femmes, y compris dans la sphère politique. Par ailleurs, la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies rappelle l’obligation de garantir la participation des femmes dans les contextes de conflit et de transition.

Ces engagements impliquent que les processus électoraux en Haïti soient véritablement inclusifs, accessibles et sécurisés.

Dans cette perspective, l’Union des Femmes à Mobilité Réduite d’Haïti appelle :

  1. À l’intégration systématique de la question du handicap dans toutes les stratégies nationales de sécurité, d’aide humanitaire et de relèvement ;
  2. À la sensibilisation du personnel policier et judiciaire sur le danger que représentent toutes les formes de discriminations ; 
  3. À la mise en place de mesures électorales accessibles, notamment des bureaux de vote adaptés, des informations disponibles en formats accessibles et des dispositifs d’accompagnement sécurisés ;
  4. À la prise en compte spécifique des femmes handicapées déplacées internes dans les mécanismes d’enregistrement des électeurs et dans l’organisation du vote ;
  5. À la participation effective des organisations de femmes handicapées dans les consultations et les mécanismes de préparation électorale ;
  6. À l’allocation de ressources dédiées afin de garantir la sécurité et l’accessibilité des femmes handicapées, qu’elles soient électrices ou candidates ;
  7. À la mise en place de mécanismes de reddition de comptes sur l’application effective des engagements internationaux ratifiés par Haïti.

La justice ne peut être fragmentée. La démocratie ne peut être sélective. Une élection qui exclut les femmes handicapées risque de reproduire les inégalités qu’elle devrait précisément corriger.

En ce 8 mars 2026, l'UFMORH réaffirme que la sécurité, la dignité, la participation politique et la représentation des femmes et des filles handicapées sont des droits fondamentaux. Les garantir n’est pas un acte de générosité, mais une responsabilité de l’État et de l’ensemble des acteurs engagés dans la construction de l’avenir démocratique du pays.

UFMORH

Suivez-nous sur WhatsApp
femmes handicapéeshandicapUFMORH

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.