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Opinions

La diplomatie de Donald Trump en échec

Une analyse des négociations avortées et de l’escalade vers la guerre en Iran

JR
Jean Robert Dimitri Oriol

March 23, 2026 · Lecture : 6 min

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Friedrich Merz, chancelier fédéral allemand (à droite), reçoit Jared Kushner (à gauche), ancien conseiller de la Maison-Blanche, et Steve Witkoff, envoyé spécial américain
Friedrich Merz, chancelier fédéral allemand (à droite), reçoit Jared Kushner (à gauche), ancien conseiller de la Maison-Blanche, et Steve Witkoff, envoyé spécial américain
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Depuis son retour à la présidence en janvier 2025, Donald Trump a confié la gestion de plusieurs crises internationales majeures à des négociateurs non conventionnels : Steve Witkoff, promoteur immobilier et proche du président, et Jared Kushner, son gendre. Ces envoyés spéciaux ont été chargés de résoudre les négociations nucléaires avec l’Iran, le conflit russo-ukrainien et la situation israélo-palestinienne à Gaza. Un article critique publié par Foreign Policy le 3 mars 2026, intitulé « Witkoff and Kushner Get an F in Diplomacy », affirme que ces efforts ont échoué sur tous les fronts, aboutissant à l’opération militaire « Epic Fury » lancée fin février 2026 contre l’Iran (Foreign Policy, 2026).

Cet article académique examine ces échecs diplomatiques, en les contextualisant avec l’héritage de l’administration Biden (2021-2025). Il intègre une analyse détaillée du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) et du conflit en Ukraine, soulignant comment les approches contrastées des deux administrations ont conduit à l’escalade actuelle.

Le JCPOA : un accord historique fragilisé et expiré

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Signé, en juillet 2015, à Vienne entre l’Iran et le groupe P5+1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne), le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) constituait un accord majeur de non-prolifération nucléaire. En échange d’une levée progressive des sanctions, l’Iran s’engageait à limiter son programme nucléaire : l'enrichissement d’uranium plafonné à 3,67 %, le stockpile réduit à 300 kg, le démantèlement de la plupart des centrifugeuses, l'interdiction d’uranium hautement enrichi jusqu’en 2030, et l'inspections renforcées par l’AIEA. Ces restrictions prolongeaient le « breakout time » (temps pour produire assez de matière fissile pour une bombe) à au moins un an (Council on Foreign Relations, 2023 ; Arms Control Association, 2026).

L’accord, effectif en janvier 2016, a freiné le programme iranien sans recours à la force, mais comportait des clauses d’expiration (« sunset clauses ») entre 2025 et 2031, critiquées comme un report temporaire plutôt qu’une solution définitive (RAND Corporation, 2025). En mai 2018, Trump a retiré les États-Unis du JCPOA, qualifiant l’accord de « pire transaction » et réimposant des sanctions maximales. L’Iran a progressivement réduit ses engagements, dès 2019, enrichissant l’uranium à 60 % et en limitant les inspections (Britannica, 2026 ; Wikipedia, 2026).

Sous l'administration de Biden, des tentatives indirectes de relance (2021-2022) ont échoué en raison de la méfiance, du durcissement iranien, de son soutien à la Russie en Ukraine et des troubles internes. Les sanctions ont été maintenues sans réintégration, permettant au programme iranien d’avancer (enrichissement >60 %, stockpile suffisant pour plusieurs armes en semaines) (Congressional Research Service, 2026 ; Arms Control Association, 2026). Le JCPOA a officiellement expiré, le 18 octobre 2025, l’Iran déclarant la fin de toutes restrictions après la « Twelve-Day War » de juin 2025 (Al Jazeera, 2025 ; The Guardian, 2025). Cet héritage a compliqué les négociations de Trump en 2025-2026, qui exigeaient un accord plus strict (interdiction totale d’enrichissement), menant à l’échec et à la guerre.

Le conflit en Ukraine : un enlisement sans percée

L’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, reste l’une des crises les plus graves en Europe. Sous Biden, les États-Unis ont fourni plus de 183 milliards de dollars d’aide, aidant Kyiv à résister sans imposer de négociations précoces, prolongeant le conflit et aggravant l’inflation mondiale (MSNBC, 2025 ; Council on Foreign Relations, divers).

Trump, promettant une fin rapide (« en 24 heures »), a délégué les pourparlers à Witkoff et Kushner. Des négociations indirectes (Genève, Abu Dhabi) depuis 2025 n’ont produit aucun cessez-le-feu. La Russie exige la reconnaissance des annexions (Crimée, Donbass) et la neutralité ukrainienne ; Kyiv refuse toute concession territoriale. Trump a exercé plus de pression sur l’Ukraine (limitation des armes longue portée) que sur Moscou, critiquant Zelensky publiquement (Modern Diplomacy, 2026). Des cessez-le-feu partiels (infrastructures énergétiques) ont été évoqués, mais les attaques persistent (CBS News, 2026 ; The Conversation, 2025). En mars 2026, Witkoff et Kushner ont multiplié les réunions à Genève (Ukrainiens, Russes, Iraniens le même jour), sans accord, illustrant l’absence de stratégie cohérente et une surcharge des négociateurs (Politico, 2026 ; New York Times, 2026 ; Foreign Policy, 2026).

La « Twelve-Day War » de juin 2025 : un précédent dangereux

Du 13 au 24 juin 2025, Israël a lancé l’opération « Rising Lion », bombardant des installations nucléaires (Natanz, Fordow, Ispahan), sites militaires et infrastructures, assassinant des dirigeants (Hossein Salami, Mohammad Bagheri) et scientifiques (Wikipedia, 2026 ; Britannica, 2026). L’Iran a riposté avec plus de 550 missiles balistiques et 1 000 drones (opération « True Promise III »), causant 28 morts en Israël et testant les défenses (Al Jazeera, 2026 ; ACLED, 2025).

Les États-Unis sont intervenus le 22 juin, frappant des sites nucléaires profonds. Un cessez-le-feu, médiatisé par Trump et le Qatar, a pris effet le 24 juin. Israël et les États-Unis ont retardé le programme iranien de mois à années, mais l’ont laissé partiellement intact (FPRI, 2025 ; IISS, 2025). Ce conflit a accéléré la fin du JCPOA et les tensions futures.

L’héritage diplomatique de Joe Biden : multilatéralisme et retenue relative

Biden a priorisé le multilatéralisme, la restauration des alliances et la diplomatie sur l’unilatéralisme. Sur l’Iran, tentative de JCPOA sans succès ; sur l’Ukraine, aide massive sans résolution ; au Moyen-Orient, soutien aux Accords d’Abraham et gestion post-7 octobre 2023 sans conditions strictes (Atlantic Council, divers ; Foreign Policy, 2025). Cet héritage a laissé des tensions explosives à Trump.

Les échecs des négociateurs Trump : Witkoff et Kushner sur trois fronts

Manquant d’expérience, Witkoff et Kushner ont été surchargés. Sur l’Iran, progrès mineurs (uranium) via Oman et Genève, mais échec fin février 2026 ; Witkoff a mal compris les positions techniques (Arms Control Association, 2026). Trump a autorisé les frappes du 28 février, tuant Khamenei (New York Times, 2026 ; Reuters, 2026). En Ukraine et Gaza, absence de percée durable (Politico, 2026). Foreign Policy dénonce l’absence de stratégie, biais présidentiels et amateurs surchargés (Foreign Policy, 2026).

La guerre de 2026 : « Operation Epic Fury » et ses conséquences

Lancée le 28 février 2026, « Epic Fury » vise sites nucléaires, missiles, marine et dirigeants (assassinat de Khamenei). L’Iran riposte contre bases américaines et infrastructures, perturbant le détroit d’Ormuz et faisant grimper les prix du pétrole. Mi-mars 2026 (environ trois semaines), coûts US >11 milliards en six jours, >200 blessés, milliers de morts (Reuters, 2026 ; New York Times, 2026 ; White House, 2026). Trump évoque changement de régime ; divergences avec Israël émergent (Guardian, 2026). Critiques accusent l’administration d’avoir utilisé les négociations comme prétexte (Responsible Statecraft, 2026).

Conclusion

Les échecs de Trump – abandon du JCPOA, enlisement en Ukraine, escalade en Iran – contrastent avec la retenue de Biden, mais héritent de crises amplifiées. L’approche transactionnelle via envoyés inexpérimentés a privilégié la force sur les accords durables. Comme le souligne Foreign Policy, l’absence de stratégie cohérente explique ces revers, avec risques d’élargissement régional et crise économique (Foreign Policy, 2026).

Références

• Al Jazeera. (2025-2026). Articles sur JCPOA expiration et Twelve-Day War.

• Arms Control Association. (2026). U.S. Negotiators Were Ill-Prepared….

• Britannica. (2026). 12-Day War et JCPOA.

• Council on Foreign Relations. (2023-2026). What Is the Iran Nuclear Deal?.

• Foreign Policy. (2026). Witkoff and Kushner Get an F in Diplomacy.

• New York Times. (2026). Articles sur Epic Fury et négociations.

• Politico. (2026). How Jared Kushner, Steve Witkoff see the world.

• Reuters. (2026). Rapports sur frappes et coûts.

• Wikipedia. (2026). JCPOA et Twelve-Day War (croisé avec sources primaires).

• White House. (2026). Déclarations sur Operation Epic Fury

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