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Opinions

La Constitution de 1987: Déchirée mais solide… une vieille maman au cœur de jeunesse…

DW
Dr. Winie Edugène Robin camelotlancelot@yahoo.com

March 27, 2026 · Lecture : 4 min

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Manifestation en faveur de la Constitution de 1987
Manifestation en faveur de la Constitution de 1987
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« On ne défend que ce qui est important pour soi. On ne cherche que ce qu'on a perdu. » Il y a quelques années, nous écrivions ces mots en nous référant à notre Loi Mère. Aujourd’hui, la question demeure : Peuple haïtien, qu’est-ce qui est important pour toi ? Sais-tu seulement ce qu’on t’a volé ?

La Constitution de 1987 : une survivante face aux prédateurs

Votée le 29 mars 1987, notre Constitution devient chaque année un peu plus manipulée, souillée, piétinée. Pourtant, cette "vieille" de 39 ans — la doyenne de nos 25 textes — refuse de mourir. Elle a « brisé l'arc, rompu la lance et consumé par le feu les chars » de Jovenel Moïse. Elle a surmonté l’indifférence et le cynisme d'Ariel Henry et survécu aux « greffes » de Michel Martelly. Elle n’a pas prêté le flanc aux changements cosmétiques du CPT qui l'invoquait pour naître tout en marchant sur son corps meurtri.

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Même lorsque les traîtres et les "conzés" la traitent comme un livre de recettes où ils excavent ce qui convient à leurs combines pour livrer le reste au mépris, elle trouve la force de chanter : « E si m pat egziste, di mwen siw tap egziste... nan yon peyi san espwa… men ki plen ak fòs fè nwa… e si m pat ekziste » (Et si je n'existais pas, dis-moi si tu existerais... dans un pays sans espoir… rempli de forces ténébreuses…et si je n’existais pas…) Soyons sérieux, sans elle dans ce pays où les dirigeants méchants et ombrageux enfreignent la loi, existerions-nous encore en tant que nation ?

La Constitution de 1987 : instrument des opportunistes

Le drame de la Constitution de 1987 est qu'elle est utile mais fragile. Elle représente une cible accessible parce que copiée sur celle de la France. On l'attaque, on la contourne, mais dès qu'il faut un arrêté ou un pacte pour justifier un poste ou une "magouille quelconque- surtout financière", on la traîne jusqu'aux postes de radio pour citer ses articles.

Il est désolant de voir des aspirants au pouvoir l’utiliser comme un fil pour « coudre » leurs propres intérêts, tout en la doublant comme une file d'attente tant ils ont hâte de plaire à leurs maîtres internationaux. On la traite comme une vulgaire fiche technique qu'on ne sort que quand l'appareil tombe en panne.

 La Constitution de 1987 : et le paradoxe de l'inclusion et de la diaspora

Certes, elle mérite une révision. Ses zones nébuleuses sont des eaux troubles où pêchent les politiciens véreux et mafieux. La diaspora, qui supporte le pays à hauteur de 6 milliards, doit y trouver sa juste place. Actuellement, le débat sur la double nationalité de certaines femmes au gouvernement fait rage.

Mais quelle ironie ! On scrute ces cinq femmes à la loupe, brandissant une Constitution que l'on ignore par ailleurs, puisque dans tout ce spectacle actuel, rien n'est constitutionnel. Pourquoi ce tapage ? Est-ce parce que la fonction est entachée, ou simplement parce que les femmes dérangent ? C’est une balance non tarée : on choisit l’exclusion là où il faudrait l’inclusion. Deux poids, deux mesures.

La Constitution de 1987 : un guide pour la souveraineté

Comparée à celle des États-Unis, née en 1787, la nôtre n'est qu'un bébé. Mais là-bas, on ne met pas la "maman" au rencart ; on lui procure des béquilles sous forme d’amendements pour la faire avancer. C'est ce qui fait leur puissance : la justice y fonctionne.

En Haïti, l’article 284.3, qui interdit le référendum, reste notre dernier rempart contre les apprentis dictateurs et leurs costumes sur mesure. Ne l'oublions pas : la Constitution n'est pas une option, c'est le socle de notre dignité et de notre souveraineté.

Oubliez les calculs, débarrassez-vous de la tentation du pouvoir absolu et gardez en mémoire que la justice est le seul guide pour élever une nation. Cessez de la chiffonner au gré de vos intérêts, car « La justice élève une nation » et vos péchés -la corruption, l’injustice, l’incivisme, l’indifférence, l’immoralité, et tous les autres sont la honte du peuple haïtien.

La Constitution de 1987 constitue pour nous, Haïtiennes et Haïtiens, « une haute retraite, un rempart », « un secours qui ne manque pas dans notre détresse... »

Dr. Winie Edugène Robin

camelotlancelot@yahoo.com

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Constitution de 1987

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