EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Venir de loin pour affronter notre chaos : merci aux Kényans

MF
Mackly Ford CENOR

March 31, 2026 · Lecture : 2 min

🇫🇷Lire en français
Soldats kenyans
Soldats kenyans
Suivre sur Google Actualités

Les policiers kényans de la MMAS ont été déployés dans l’un des contextes sécuritaires les plus complexes de notre histoire récente. Ils sont arrivés dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, dont ils ne parlaient pas la langue. Ils ont découvert un territoire fracturé où la violence des gangs dicte trop souvent la loi. Ils ont accepté d’entrer dans une réalité étrangère, instable, dangereuse – une réalité que même nous, Haïtiens, peinons à contenir, voire changer.

Ils ne sont pas venus en Haïti pour le conquérir, ni pour le juger. Ils sont venus pour aider.

Aider un peuple pris au piège d’une insécurité chronique. Aider des institutions fragilisées. Aider, surtout, à contenir un phénomène qu’ils n’ont ni créé, ni encouragé, ni laissé prospérer. Ils ont fait face à un monstre qui n’était pas le leur, mais dont ils ont accepté de porter une part du fardeau.

300 × 250

Ce choix n’était pas sans conséquence.

Certains d’entre eux ont payé de leur vie cet engagement. D’autres ont risqué la leur chaque jour, dans des opérations menées sur un terrain difficile, hostile et toujours imprévisible. Leur courage a été bien réel, tangible et inscrit dans les quartiers où ils ont opéré, dans les vies qu’ils ont contribué à protéger, même temporairement.

On peut débattre de l’efficacité globale de la mission, de ses limites, de ses insuffisances. On peut et on doit analyser, critiquer, tirer des leçons. Mais une chose ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté : ces hommes et ces femmes méritent notre respect. Car ils ont fait ce que peu auraient accepté de faire.

Aujourd’hui, alors qu’ils entament leur retrait et que la MMAS s’apprête à céder la place à la Force de répression des gangs (FRG), il serait trop facile de tourner la page sans un mot. Trop facile d’oublier que, dans l’un des moments les plus sombres de notre histoire, les Kényans ont accepté de se tenir à nos côtés.

Ils repartent sans avoir tout réglé – mais pouvait-on l’attendre d’eux ? La crise haïtienne est profonde, structurelle, enracinée dans des années de défaillance. Elle ne pouvait pas se résoudre en quelques mois.

Ce que les policiers kényans laissent derrière eux n’est pas seulement un bilan opérationnel. Ils laissent aussi un témoignage de solidarité internationale, imparfaite mais sincère. Ils laissent la preuve qu’au milieu du chaos, certains ont choisi d’agir plutôt que de détourner le regard.

À eux, nous disons merci.

Merci pour le courage.

Merci pour les sacrifices.

Merci pour avoir accepté de venir là où tant d’autres hésitent encore à s’engager.

Leur départ marque la fin d’un chapitre mais il ne doit pas marquer l’oubli.

Parce qu’un pays qui ne sait pas reconnaître ceux qui l’ont aidé, même imparfaitement, est un pays qui se prive d’une part essentielle de sa mémoire et de sa dignité.

Suivez-nous sur WhatsApp
KenyaSecuriteHaitiRemerciements

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.