EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

L’imposture du mérite à l’heure du marketing

LR
Ludwy R. Jean Paul (Tilou)

April 9, 2026 · Lecture : 2 min

🇫🇷Lire en français
Meeting politique
Meeting politique
Suivre sur Google Actualités

Bien qu’il serait naïf de nier que certains concours conservent, ici et là, des jurys d’experts ou des paravents d’équité, la trajectoire générale des compétitions contemporaines est sans appel : le « mérite » n’y est plus qu’un argument de vente, une étiquette rassurante collée sur une bouteille vide. Derrière le prestige de la victoire se cache une mécanique dévoyée qui a vidé la confrontation artistique de sa substance.

L’un des biais les plus flagrants est la territorialisation systématique. En présentant les candidats comme les porte-étendards d’une région ou d’un pays, les organisateurs ne cherchent pas l’excellence, mais le réflexe identitaire.

La question de la légitimité est ici centrale : qui a investi ce candidat de la mission de représenter tout un peuple ? Souvent choisi dans l’opacité des coulisses ou par des comités restreints, l’artiste se voit parachuté « symbole national ». Le vote ne sanctionne plus une audace ou une technique, mais devient un acte de chauvinisme pavlovien. On ne soutient pas un talent, on défend un drapeau, sans que « le nôtre » n’ait jamais reçu de réel mandat populaire pour nous incarner.

300 × 250

Les défenseurs du système invoquent souvent la « loi du public ». Mais quelle valeur accorder à cette popularité quand les règles du jeu sont biaisées dès le départ, gangrénées par le vote multiple et l’achat de voix ?

En autorisant un spectateur à voter dix ou vingt fois, on ne mesure plus l’adhésion d’une foule, mais l’acharnement financier d’une minorité. La statistique remplace le sentiment.

Et le passage des appels surtaxés au paiement direct par carte bancaire a franchi une ligne rouge éthique. On n’appuie plus un coup de cœur, on investit dans une victoire. Le concours devient une vente aux enchères déguisée où le gagnant est celui dont la communauté a le portefeuille le plus profond.

Ce n’est pas une dérive accidentelle, c’est un système. Comme je le soulignais déjà dans un précédent texte « Art en bouteille », nous sommes entrés dans l’ère de la mise en conserve. Pour être « votable », l’art doit être lissé, étiqueté et prêt à la consommation immédiate.

Ces concours ne sont plus des tremplins, mais des produits financiers. Le but n’est pas de découvrir la « perle rare », souvent trop clivante pour le marketing, mais de générer un engagement maximal. La polémique et le clic importent plus que la justesse de la note ou du geste.

Lorsque le talent est noyé sous le poids du nationalisme de circonstance, de la répétition frénétique des clics et de la puissance bancaire, le titre de « vainqueur » perd toute crédibilité. Le concours est devenu une coquille vide où l’on ne célèbre plus l’excellence, mais la capacité d’une machine de guerre promotionnelle à saturer un système de vote. Pour retrouver le sens du beau, il faudra un jour oser briser la bouteille et libérer l’art de la tyrannie des algorithmes de popularité.

Suivez-nous sur WhatsApp
MarketingImposture

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.