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Opinions

De la résilience de la misère à la résilience politique

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Alceus Dilson, Communicologue, Juriste 

April 28, 2026 · Lecture : 2 min

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Homme en réflexion
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On dirait que la misère a été faite pour les Haïtiens. Ils s’y adaptent, ils la reproduisent et finissent parfois par la considérer comme une normalité. Pendant ce temps, une partie de la classe politique contribue à la maintenir. La misère devient alors structurelle : elle s’inscrit dans les pratiques économiques, sociales et politiques du pays. Des balises invisibles sont placées pour que la majorité de la population reste enfermée dans ce cercle vicieux.

La misère produit pourtant une forme particulière de résilience. Dans les sociétés frappées par la pauvreté chronique, les populations apprennent à survivre malgré l’absence de ressources, l’instabilité et les injustices. Cette résilience de la misère est la capacité de supporter les difficultés quotidiennes : chômage, inflation, insécurité, défaillance des institutions publiques.

Mais cette résilience reste souvent passive. Elle consiste à s’adapter à la souffrance plutôt qu’à remettre en question les structures qui la produisent. Survivre devient alors une stratégie permanente, tandis que le changement reste lointain.

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Le véritable défi consiste donc à transformer cette résilience sociale en résilience politique. La résilience politique est la capacité d’un peuple à s’organiser, à défendre ses droits, à exiger des institutions efficaces et à résister aux dérives de la mauvaise gouvernance.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de supporter la crise, mais de créer les conditions nécessaires pour la dépasser.

Lorsqu’une société passe de la résilience de la misère à la résilience politique, elle franchit une étape décisive de son évolution démocratique. Le peuple cesse d’être uniquement victime des circonstances pour devenir acteur du changement collectif.

Cette transformation exige un éveil citoyen, un engagement politique responsable et la construction d’une véritable culture démocratique fondée sur la responsabilité, la solidarité et la participation.

La résilience politique représente ainsi la forme la plus avancée de résistance sociale : celle qui ne se limite pas à survivre, mais qui cherche à transformer la réalité.

Aujourd’hui, le moment est venu de rompre avec l’habitude de la misère. Un changement profond de paradigme s’impose, car face au drame national actuel, seule une conscience citoyenne forte peut ouvrir la voie à une reconstruction politique et sociale durable.

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