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Opinions

Haïti-Migration : D’un pays émetteur à un pays récepteur

HP
Hancy PIERRE, spécialiste en migration

May 14, 2026 · Lecture : 4 min

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Foule devant les anciens locaux de l'Immgration (photo d'archive)
Foule devant les anciens locaux de l'Immgration (photo d'archive)
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Les retombées des mouvements migratoires sont de divers ordres qu'il y a lieu de parler de "pertes et profits exceptionnels" pour emprunter un concept utilisé dans le domaine des sciences économiques, car des retombées significatives en termes d'économie inclusive ne se limitent qu'à des cas isolés, soient des expériences à Aquin et Liancourt, par exemple. Ainsi, la question des transferts et  leur apport au développement mériteraient d'être relativisés. Ce qui s’est soldé par des effets pervers de l'aide et des transferts comme stimulants à l’Emigration. .Ce qui rejoint la thèse de l'aide à la migration de Dewind et Kinley III et cela justifie le choix du terme de "pertes et profits exceptionnels”.

En effet, “les ménages qui reçoivent des transferts monétaires conditionnels sont plus susceptibles de compter un émigré (13%) que les autres (4%) (MECLEP, 2015). Ainsi, “les ménages avec émigrés sont plus susceptibles que les autres ménages de posséder des biens immobiliers alors que ni les transferts de fonds ni la migration de retour ne semblent stimuler les investissements dans les immobiliers ou dans une entreprise”. On constate aussi "un manque d'inclusion financière en raison d'accès aux connaissances financières pour des investissements productifs".

Entretemps, nous devons noter que des projets de migration sont souvent accompagnés d'une décapitalisation du ménage pour le coût consenti pour le voyage d'un proche. Dans beaucoup de cas, le migrant ou la migrante ne parvient pas aider à rembourser le capital investi dans le voyage réalisé au moyen de prêts usuraires, de ventes de bétails ou de terrain.

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Face à la fuite des cerveaux et des talents, l’économiste haïtien  Frédéric Gérald Chéry (2011) s’est positionné en des termes suivants : ”l’indicateur de l’absorption du travail et du développement serait l'intégration des gens formés dans l'économie et la capacité des entreprises à produire des biens salariaux de toutes qualités au profit des salariés. En Haïti, la croissance basée sur la spécialisation et le recours à une main d’œuvre dite à bon marché entravent cette démarche ; et l'émigration de la main d’œuvre qualifiée est une retombée de la stratégie de développement”.

Des haïtiens à compétences équivalentes à des natifs se voient déclassés dans des occupations subalternes. C’est aussi le cas de paysans qui ont eu à s’impliquer dans l’agriculture en émigrant. Des jeunes ont été constatés dans les activités de construction et de l’hôtellerie. Ils pourront être retenus en Haïti pour ces mêmes activités si l’on tient compte du point de vue du Dr Frédéric-Gérald Chéry.

En Haïti, nous accueillons timidement de nos jours des immigrants qui viennent occuper des secteurs techniques tels que  l’électricité, la réfrigération,  la plomberie et la maintenance de système électromécanique aussi bien que la gestion des supermarchés. Mais, il n’y a pas encore d’observation systématique sur ce problème. Il s’agit principalement de Cubains, de Philippins, Dominicains. 

 Haïti comme pays capitaliste dépendant et rachitique constitue des réserves de main d’œuvre à bon marché. Elle alimente les pays émergents, à transition démographique comme le Chili, le Brésil entre autres.

Entretemps nous sommes à la frontière des sociétés d’accueil de migrant à notre phase de transition démographique. De plus en plus, avec des progrès sensibles dans le domaine de la santé publique l’espérance de vie en Haïti est appréciable. En effet, le niveau de 7% de personnes âgées correspond en général au vieillissement d’une société. Actuellement évaluée à 4,8% en Haïti, selon l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI). Ce qui est une société en début de vieillissement. C’est donc un seuil d’entrée au vieillissement. L’ONU définit “ la migration de remplacement pour faire référence à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour compenser le déclin et le vieillissement de la population résultant de faibles taux de fécondité et de mortalité.

Même si les plus de 65 ans sont contraints à travailler de leur propre gré pour une pension qui ne permet pas de garantir leur survie. Il est impératif pour les spécialistes en Population et Développement de se pencher sur des projections à toutes éventualités futures de besoin en migration de remplacement en Haïti.

Repères bibliographiques

-Hancy Pierre(2017)”plaidoyer pour une nouvelle loi sur la migration” in le Nouvelliste du 19 décembre 2017-Frédéric-Gérald Chéry (2011) “ l’absorption de la force de travail dans l’économie haïtienne” in les cahiers du CEPODE,no2, éditions du CEPODE. .-Patrick Saint-Pré ( le Nouvelliste, 4 juillet 2017)“Haïti est la troisième destination des transfert de fonds du Chili à l’étranger en 2017, in Le Nouvelliste.-CERREMEN (14 décembre 2022) “rapport de l’étude sur la perception des migrants de la migration sure, ordonnée et régulière https://mptf.undp.org  -  -Karl-Henry Olias (2017) , impact de l’emigration sur la situation de la famille en haiti de 2010 a 2016(cas Dosmond), Ouanaminthe, Haïti, mémoire de licence en service social, Faculté des Sciences Humaines, Université d’Etat d’Haïti, Port- au- Prince.non publié-Josh Dewind et David Kinley lll(1988) , Aide à la migration-impact de l’assistance internationale à Haïti, CIDHCA, Montréal.

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