Depuis le début de l’année 2026, la surveillance de la sismicité en Haïti révèle une constante inquiétante : deux départements géographiques concentrent la majorité des secousses sismiques. Il s’agit du département de l’Ouest, traversé par la faille de la presqu’île du Sud (Enriquillo-Plantain Garden), et du département du Nord-Ouest, sous la menace directe de la faille septentrionale.
D'après le dernier bulletin de l’Unité technique de sismologie (UTS) validé par l'ingénieur géologue Claude Prepetit, directeur général du Bureau des Mines et de l’Énergie (BME), le département du Nord-Ouest est le plus secoué du pays durant le mois d'avril 2026, comptabilisant à lui seul 12 séismes soit environ 27% du total national, suivi de près par l’Ouest avec 8 séismes soit 18%. Face à cette activité tectonique continue, le spécialiste tire la sonnette d'alarme : ces grandes structures géologiques peuvent donner lieu à de grands tremblements de terre à n'importe quel moment.
Afin d'éviter des catastrophes dévastatrices lors des éventuels séismes à venir, le géologue martèle qu'il est indispensable d'appliquer rigoureusement les normes de construction parasismique. Mais, pour le directeur général du Bureau des mines et de l'énergie, bâtir conformément aux règles de l'art ne suffit pas : il faut également impérativement connaître la nature du sol sur lequel la maison sera implantée.
L'ingénieur Claude Prépetit alerte sur les dangers des terrains meubles où le sol est particulièrement faible notamment dans les zones d'alluvions. Sur ce type de sol, il existe de forts risques d'effets de site, un phénomène géologique au cours duquel l'amplitude des ondes s’accroît, rendant le séisme nettement plus puissant et dévastateur en surface.
Pour réduire les dégâts et protéger la vie des occupants, la recommandation technique est claire, pour le géologue : il faut construire sur le rocher. La fondation des constructions doit être ancrée dans des roches solides afin de faciliter un passage fluide des ondes sismiques et d'atténuer considérablement l'impact destructeur des vibrations.
La prévention du risque sismique repose également sur la rigueur administrative et institutionnelle. Claude Prépetit rappelle que les collectivités territoriales et le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) ont une responsabilité majeure. Ce sont ces institutions qui sont chargées de délivrer les permis de construire et de veiller au contrôle de la qualité technique des chantiers sur l'ensemble du territoire national.
La sécurité face au risque sismique passe inévitablement par la formation citoyenne. L'ingénieur appelle à accentuer l'éducation et la sensibilisation de la population afin que chacun acquiert les bons réflexes à adopter avant, pendant et après une secousse sismique. Un accent particulier doit être mis dans les écoles pour développer une véritable culture du risque chez les plus jeunes.






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