Après avoir connu trois baisses consécutives, les prix des produits pétroliers à la pompe amorcent un mouvement inverse. La gazoline retrouve son niveau de juin dernier, soit 700 gourdes le gallon. À cause des conséquences de la guerre au Moyen Orient, ce retournement, loin d’être un simple ajustement technique parmi d’autres, mérite d’être replacé dans son contexte réglementaire et social pour en saisir la véritable portée.
La note explicative du Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier (CCSMP), publiée en août 2026, révèle l’ampleur du décalage accumulé entre les prix réellement calculés et ceux pratiqués à la pompe. Pour la gazoline, le prix réel s’établissait à 879,22 gourdes contre 650 gourdes affichées, soit un écart de plus de 229 gourdes. Le diesel affichait un différentiel de plus de 161 gourdes (861,39 contre 700), et le kérosène de près de 99 gourdes (788,87 contre 690). Un tel fossé n’est pas soutenable dans la durée : il signifie que l’État absorbe, d’une manière ou d’une autre, la différence entre le coût réel d’approvisionnement et le prix de vente.






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