
La Fondation connaissance et liberté (FOKAL), soutenue par la Délégation de l’Union européenne en Haïti, a lancé officiellement, le mercredi 16 juillet, au Palm Residence à Pétion-Ville, le projet Revitalizasyon ak Viziblite Sektè Kiltirèl Ayisyen an (REVIV). Ce projet vise à soutenir financièrement les acteurs et opérateurs culturels en vue d’encourager la création et la diffusion de l’art haïtien sous toutes ses formes.

« La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. » Édouard Herriot. À l'heure où les informations inondent la population, nous vivons dans une culture de grand spectacle qui donne la pleine mesure de l'immonde dans notre monde. À tout bout de champ, en un clic, on entend sanction ! De vraies blagues ! Ces sanctions folkloriques fonctionnent davantage comme un épouvantail que comme un levier de transformation. Elles font peur sur le papier, mais ne protègent aucun champ : ni celui de la justice, ni celui de l’État de droit.
Bezwen powèm
Nan powèm sa a, Widly Jean chita pawòl sou yon doulè kolektif ki mare ak disparisyon yon vwa ki tounen tanbou konsyans pèp la : Liliane Pierre-Paul. Se pa sèlman chagren pèsonèl, men yon kri toutbon — kote revèy nasyon an sispann sonnen 4è. Pami tripotay lavalas, kadav, fatra, ak vwa ki pa reponn ankò, li poze kesyon sou tan, sou chimen peyi a, sou memwa. Powèm nan chaje ak senbòl : lapli, lanmè, zetwal, klòch, radyo, ki tounen temwen silans lan, kòm si peyi a antere yon epòk kote vwa te sèvi limyè. Yon pwezi kalm, reflechi, revolte, kote chak mo se yon boukan dife, epi chak vè se yon siy sou miray listwa.

Culture
Trois jeunes artistes haïtiens, Yvenel Duperon, Marc Roodney Royer et Jean Walken Clay, ont fait sensation à Tapachula, au Mexique, lors de la clôture d’un atelier d’initiation artistique organisé par des institutions culturelles locales. À travers la peinture, ils ont porté haut les couleurs d’Haïti, exprimant leur créativité avec force et sensibilité.

Dans un monde saturé de signes, de mots et d’interprétations, le “sens” semble omniprésent et insaisissable à la fois. À travers une réflexion mêlant philosophie, langage et symbolique, ce texte explore la richesse, l’ambiguïté et l’urgence du sens dans nos vies. Du regard de Comte-Sponville à celui de Deleuze ou Derrida, il s’agit ici de redonner voix à ce petit mot qui dit tout — ou presque.

Vente-signature / MAE / vendredi 18 juillet
À l’heure où la présence des organisations internationales en Haïti suscite autant de débats que d’attentes, Nixon Destiné procède, ce vendredi 18 juillet 2025 à 10 h a.m., dans les locaux du Ministère des Affaires étrangères et des Cultes, à la signature de son premier ouvrage intitulé Diplomatie multilatérale : recueil des accords de siège signés par Haïti.

L’Association Quatre Chemins (A4C) annonce l’ouverture des candidatures pour la 11e édition du programme de résidence « PAR QUATRE CHEMINS », dédié à la recherche et à la création artistique à travers le pays. Ce nouvel appel à candidatures s’inscrit dans le cadre de la 22e édition du Festival Quatre Chemins, qui se tiendra du 24 novembre au 6 décembre 2025 à Port-au-Prince, autour du thème « Pawòl Tifi ». Cette édition mettra à l’honneur le grand comédien et metteur en scène Daniel Marcelin. Une rubrique spéciale sera réservée aux artistes en résidence pour qu’ils puissent présenter une restitution de leur travail au grand public.
Dans un monde où la mémoire se fragilise et où les repères culturels se perdent parfois dans le bruit des écrans, comment transmettre aux enfants l’amour de la musique haïtienne ? Comment leur faire découvrir, dès le plus jeune âge, les trésors musicaux qui forment le cœur battant de notre identité collective ? C’est à ces questions que répond avec sensibilité et ingéniosité Marc Peterson Louis, à travers son livre Les Héros d’Haïti : Genre et tendance musicale, un ouvrage à la fois ludique, éducatif et profondément enraciné dans la culture haïtienne.

Dans un contexte marqué par la fragilité des politiques patrimoniales en Haïti, l’ouvrage Code du patrimoine de Joseph Guerdy Lissade s’impose comme une contribution intellectuelle majeure à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine national. Par son approche exhaustive, son souci de rigueur scientifique et sa volonté de vulgarisation, cette œuvre ambitieuse constitue un outil de référence à la fois pour les chercheurs, les praticiens du droit culturel et les décideurs publics. Le texte qui suit propose une lecture critique et admirative de ce travail de fond, révélant à la fois son envergure et son impact potentiel dans la construction d’une conscience patrimoniale durable.

Besoin de poème
Dans ce poème satirique écrit après son emprisonnement à la Bastille en 1717, Voltaire mêle ironie, critique sociale et verve poétique pour dénoncer l’arbitraire du pouvoir monarchique et la condition des intellectuels face à la censure. La Bastille devient ici le symbole d’une justice détournée et d’un absolutisme que l’auteur tourne en dérision avec une plume acérée.

Le festival Livres au féminin, une initiative de l’Organisation pour l’émancipation des femmes à travers l’éducation (OEFE), revient du 20 au 26 juillet 2025 pour sa quatrième édition. Cette manifestation culturelle se tiendra dans trois villes du Nord d’Haïti : Cap-Haïtien, Limonade et Limbé, autour du thème évocateur : « Résistance et réinvention ».

Le 6 juillet 2025, l’hôtel Oloffson, symbole architectural et culturel de Port-au-Prince, a été ravagé par les flammes. Mais au-delà de la perte matérielle, c’est un pan entier de la mémoire haïtienne qui s’effondre. Ce drame met en lumière une crise plus profonde : celle d’un pays qui, faute de préserver ses repères symboliques, vacille dans l’oubli de lui-même. Ouvrons grand les yeux pour l’autopsie d’une défaite symbolique.

Poète-diseur, slameur d’ombres et de marées, André Fouad fait danser les mots comme on fait lever le vent. Avec Silence je tutoie la mer, publié à Paris, en 2025 aux Éditions Milot, il livre un recueil souligné par l’exil, la mer et la mémoire. Né en Haïti, installé aux États-Unis, ce tisseur de langues — créole, français, jazz, graffiti — s’est imposé au fil des années comme une grande voix de la poésie contemporaine haïtienne. Poète de l’année à Miami en 2007, Artiste de la saison de l’Alliance française de Miami la même année, Trophée Plume Ailleurs en 2009, Prix Joseph Charles en 2010 pour Etensèl mo m yo, Prix Félix Morisseau-Leroy au Canada en 2012, Meilleure performance scénique à Montréal en 2015 : la reconnaissance a suivi la parole. Mais Fouad ne cherche pas la lumière. Il cherche la mer. Il cherche la voix.

Tantôt funambule du verbe, tantôt veilleur de l’intime, André Fouad avance dans la poésie comme on arpente une ville inconnue les poches pleines d’oiseaux, les mains tremblantes d’encres. Diseur habité par l’oralité haïtienne, il fait vibrer le monde en sourdine — aux lisières du rêve et de la mer. Avec Silence ! Je tutoie encore la mer, il s’adresse à l’horizon comme à un frère ancien, tisse des haïkus cosmopolites, glisse d’un port à l’autre, de Yaoundé à Tel Aviv, des Seychelles à Bashô. Ses poèmes miniatures ? Des pas de danse sur la neige, des riffs d’algues sous les riffs du monde. Il convoque Magritte, Bashô, Arcade Fire, Bernard Pivot, dans un chant murmuré qui réchauffe les barbelés de la mer. Ici, le poème n’explique pas : il respire. Il vacille, il relie. Et dans le silence, André Fouad, le marcheur infatigable, l’aventurier des Chemins, le pèlerin de poussière, le pye poudre tutoie encore.

Ils étaient là, chaque jour, sur les trottoirs brûlants de Port-au-Prince : visages tendus vers les vitres, mains frêles tendues vers un peu d’humanité. Les enfants de rue faisaient partie du chaos quotidien, visibles, insistants, dérangeants parfois — mais présents. Et puis, un jour, ils ont disparu. Silencieusement. Comme effacés. Dans ce texte-choc, Jobenson Andou interroge une absence qui pèse plus lourd que toutes les présences : celle de ces enfants que plus personne ne semble voir, ni chercher. Où sont-ils passés ? Enlevés ? Recrutés ? Ignorés à jamais ? Ce cri lucide et inquiet fouille les replis de notre indifférence et nous renvoie une vérité brutale : le silence qui suit la disparition est souvent plus glaçant que la misère qu'on tolérait à peine.

C3 Éditions a dénoncé, le mercredi 9 juillet, « [une] violation des droits d’auteur » de Stéphanie Balmir après que son roman Ma mère, Dieu, le diable et moi, publié par la maison, a fait l’objet d’un projet de mise en scène sans aucune autorisation préalable. Cette représentation théâtrale, dirigée par le poète jacmélien Ar Guens Jean Mary, qui devait avoir lieu dans le cadre du Festival des Îles qui Marchent, a été annulée après la note de dénonciation publiée par la maison d’édition.

L’artiste haïtien Wilson Edmond a signé le samedi 5 juillet son tout premier recueil de poésie, Amour, féminin pluriel, publié chez Plimay Éditions sous la direction du poète Raynaldo Pierre-Louis. L’…

La chronique des gens heureux
Lire est un privilège que tout le monde n’a pas. Dans cette chronique, Marc Sony Ricot s’adresse aux jeunes d’Haïti et rappelle qu’un livre peut tout changer. Il parle d’accès, de manque, de partage. Et de ce geste simple, presque politique : offrir un livre à quelqu’un qui n’en a pas.

Alors que la « dette de l’indépendance » imposée par la France à Haïti en 1825 revient avec insistance dans le débat public, à l’heure où les voix se multiplient pour réclamer réparation, justice et reconnaissance historique, le professeur Pierre Josué Agénor Cadet revient avec rigueur et clarté sur un pan fondamental de notre mémoire collective. À travers cette analyse fouillée, il remet en perspective le bicentenaire de l’acceptation de l’ordonnance de Charles X par le gouvernement haïtien, le 11 juillet 1825, en dénonçant les approximations historiques et en rappelant la violence économique et symbolique de cette « rançon » de l’indépendance.

Historien de formation, Jean Ledan fils consacre sa vie à redonner à Haïti les nuances de son identité. Chaque année, dans sa série À propos de l'histoire d'Haïti, saviez-vous que..., il explore l’histoire anecdotique du pays, celle qu’on raconte peu, mais qui éclaire tout. Dans cet article percutant, il affirme haut et fort une vérité trop souvent négligée : Haïti est une nation afro-latine, pleinement ancrée dans l’espace latino-américain. Langues, spiritualités, héritages multiples, luttes fondatrices… Haïti ne se réduit pas à ses drames — elle est une voix unique, singulière, enracinée et rebelle, que l’Amérique ferait bien de ne plus oublier.