Frantz Duval
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L'organisation Faisceau des éducateurs haïtiens pour sauver Haïti a manifesté mercredi devant les locaux du ministère de l'Education nationale.
Des directeurs d'école, en veste et cravate, sur le béton, cela a son poids de sueur et de cris. La Télévision nationale leur a donné la parole.
Que réclament-ils ?
Ils souhaitent que leur ministère de tutelle revienne sur sa décision ou son intention de permettre aux recalés du bac à s'y inscrire librement.
Quelle est la différence entre un élève régulier et un candidat libre au bac ?
Le second n'est pas obligé de s'inscrire dans une école. Il se rend seul au bac, sans accompagnement pédagogique continu pendant l'année, mais aussi sans le lourd écolage des classes terminales.
Aujourd'hui, ces élèves-libres sont inscrits dans une école pour être admis à composer. Le ministère veut ou voudrait casser cette obligation qui en fait de vrais faux élèves réguliers.
Un ancien du bac, inscrit obligé dans un établissement scolaire, souvent, n'est élève que dans les registres. Il assiste rarement aux cours. Il est une source de revenus. Un captif du système. Les directeurs ne veulent pas les perdre. Ils manifestent. Veulent faire entendre leurs revendications.
N'insistez pas, ne cherchez pas à deviner les motivations de ces propriétaires d'établissements scolaires, d'école-valise, ricanne-t-on au ministère, où on déplore que certaines écoles n'existent que de nom.
Ne vous cassez pas la tête non plus en ce qui concerne la motivation du ministère de l'Education nationale.
Le bac est le plus important projet du ministère. Des dizaines de millions de gourdes y sont allouées. Le bac permanent est la cerise sur le gâteau. Permettre aux candidats malheureux de composer en permanence, chaque trois mois au lieu de deux fois l'an, c'est disposer d'une organisation permanente, d'une logistique permanente. C'est surveiller en permanence, corriger en permanence. C'est dégager et dépenser un budget conséquent pour être à la hauteur des exigences d'une si haute mission. Entre 2 à 10% de taux de réussite, selon les statistiques, n'en fait pas une bonne affaire. Mais des forces tiennent à la permanence de ce bac.
A bien regarder, le secteur éducatif haïtien mise plus d'argent par tête d'élève pour évaluer nos enfants qu'il ne dépense pour les former.
Et comme le taux de réussite ne frise pas l'excellence, le système est gonflé tous les ans des recalés, de ceux dont les noms ne sont pas sur les listes d'admis.
La manifestation du Faisceau des éducateurs haïtiens pour sauver Haïti a du sens. C'est une bataille pour des parts de marchés. L'intention du ministère aussi a du sens, garder le contrôle sur le système.
Qui s'occupe d'améliorer la formation de nos enfants pour dégonfler la pompe à échec ?
Autre enjeu: des élèves non qualifiés arrivent au bac. Ils ratent les classes intermédiaires, mais bénéficient de la complaisance de directeurs d'école peu regardants.
On a même vu des enfants frapper aux portes de la rhéto sans avoir réussi l'examen officiel de 9e année fondamentale.
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