Ici, on vit sur des failles sismiques qui traversent un territoire situé entre des latitudes qu'empruntent trop souvent les cyclones. Goudougoudou, le 12 janvier 2010, et Sandy, il y a quelques jours, rappellent que nous sommes logés à l’enseigne des catastrophes naturelles. Ou de celles que nous provoquons nous-mêmes. La tragédie, dans ce pays en « état de crise permanent », est conjuguée à tous les temps. Et déjà au futur. Pas simple du tout. Moins d’une semaine après Sandy dont la queue a déversé des trombes d’eau sur le grand Sud et l’Ouest, on redoute une grave crise alimentaire et sanitaire.
Dans ces deux régions, plus de 70 % des récoltes ont été détruites après une année terrible pour les agriculteurs, selon la CNSA. Dans les marchés publics, l'impact des dernières intempéries se ressent. Il y des raretés de vivres, de tubercules et de certaines céréales cultivées au pays. Au niveau de la Croix-des-Bossales et ailleurs dans la zone métropolitaine de Port-au- Prince, cette rareté attise la flambée des prix de produits de première nécessité déjà inabordables pour une population dont le pouvoir d'achat est de plus en plus faible. Si les familles en milieu urbain, qui sucent la pointe de leur crayon, coupent dans les rares dépenses non essentielles, sont à la peine pour boucler leur fin de moi, en milieu rural, cela se corse très sérieusement.




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