Le président Michel Joseph Martelly n’était pas au pays pendant la Toussaint. Ce « voyage privé », en plein état d'urgence après le passage de la tempête Sandy, a fait des gorges chaudes. Sur la Toile, même s’il était difficile de confirmer si son jumeau Laurent Lamothe assurait ou non l’intérim, on a sauté aux conclusions : Haïti est sur pilotage automatique. En pleine crise, ce ou (peut-être) ces voyages tombent mal. Très mal. Le pays, en proie à des difficultés, mérite d’être dirigé. Est-ce qu’il faut être présent, sur le terrain, pour diriger? Oui, si l’on aspire à obtenir des résultats.

Cependant, en Haïti aussi, être là, des fois, n’avance à rien. La preuve ? La série de rencontres entre le président Martelly et des sénateurs. Depuis plus d’un mois, ces chefs,  se sont emmurés jusque tard la nuit dans la suite VIP du Karibe pour discuter sans parvenir à un accord sur le CEP. L’institution électorale sera-t-elle permanente, comme le veut le président, ou provisoire, compte tenu de l’impossibilité du Sénat de participer au processus de désignation des représentants  du Parlement? Niet. Aucune réponse. C’est un dialogue de sourds.