La population haïtienne - 10 millions aujourd’hui - atteindra les 16,1 millions d’habitants en 2050. Cette population sera composée de 8 023 000 hommes et 8 126 000 femmes. Les 2/3 vivront dans les zones urbaines contre 50 % actuellement, selon l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI). Ces infos, soutient cet institut, sont indispensables au gouvernement pour planifier le développement économique et social.
Ces informations sur la croissance démographique, loin d’être un scoop, ont été communiquées il y a plusieurs semaines. Elles sont passées – ou presque- comme une lettre à la poste dans ce beau petit pays où planifier n’existe pas dans le vocabulaire des décideurs politiques. Ces responsabilités établies, les trop rares esprits structurés font des projections qui nous font froid dans le dos. La zone métropolitaine de Port-au-Prince, quelque 3 millions d’habitants, des services publics précaires quand ils ne sont pas inexistants, ressemblera à quoi avec 6 millions d’âmes dans 38 ans ? Combien de temps mettra-t-on pour atteindre Carrefour en partant de Croix-des-Bouquets ? Cela représentera quoi en termes de pollution, en termes de millions de dollars partis en fumée dans les embarras de la circulation ? Est-ce qu’on aura des pluies acides ? Comment va-t-on organiser les logements ? Comment va-t-on améliorer la calamiteuse gestion de nos déchets organiques, chimiques, industriels… ? Et si le taux de chômage maintient la courbe ascendante constatée depuis plusieurs décennies, celle de la criminalité ne suivra-t-elle pas la même tendance ? Il y a de fortes chances que les criminels continuent d’endeuiller les familles quand ils ne s’entretuent pas comme à Cité Soleil ou à Grand-Ravine. Des morts qui n’en finissent pas de gonfler les statistiques pour la zone métropolitaine où l’on atteint aisément les 50 décès violents par mois, dont une majorité par balle.




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