Qui ne connaît pas quelqu’un qui s’est fait voler un terrain ? Chacun peut citer un cas. Cette dame qui a transmis au Nouvelliste son témoignage, par exemple, est dans la veine.
« Je suis en train de parler à ma ménagère et elle me raconte ce qu'elle vit à Canaan... C’est l’histoire d’un petit lopin de terre en face de chez elle, enfin, en face de sa tente. Un premier citoyen a acheté le lopin de terre et a commencé à placer tôles, bâches et bois. Il s'est déplacé. On a revendu sa "terre" en son absence. Un deuxième citoyen s'amène et fait bâtir: tôles et bois, pas de bâches. Cela avance lentement. Il s’absente. On revend la terre. Le même "on" qui, spoliant un premier propriétaire, lui avait vendu son lopin. Un troisième citoyen qui achète au prix assez fort (30 000 gourdes) les quelques mètres carrés débute des fondations en pierre de taille.... Il s'essouffle, le travail s'arrête. Il s’absente pour aller brasser et chercher des fonds. A son retour, le terrain est rerevendu. Un quatrième achète et finit, enfin, la construction. Il est propriétaire d’une maison contestée. Sitôt informé de la situation, il se met en quête d’un pigeon et vend la terre et la maison, rentrant donc son argent avec un petit bénéfice et le grand avantage de transférer les futures poursuites au nouvel heureux propriétaire. »




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