Des finalistes du concours Digicel entrepreneur 2012 ont touché la plaie du doigt. Il n'y a pas de crédit flexible pour aider au montage et au développement des entreprises en Haïti. Comme une boutade, une provocation du secteur financier, certains souhaitent que la Digicel s'occupe du crédit. La Digicel a un parti pris pour les entrepreneurs. Des bâtisseurs sans "crédit flexible", des créateurs d’emplois durables dans tous les recoins d’Haïti . Certains de ces hommes et femmes d’affaires s’expriment, partagent, inspirent, mettent à nu un système financier peu enclin à prendre des risques. Comme Aliette Nelson, gagnante de la catégorie Agroalimentaire du concours Digicel entrepreneur 2012. Son histoire, au gala de la finale nationale, mardi 18 décembre au Karibe, illumine l’assistance, renforce des convictions.  Avec 50 gourdes, elle s’était lancée dans les affaires après son retour du Canada. C’est ce qu’elle avait en 2007 pour s’acheter six verres de farine, un quart de litre d’huile d’olive afin de faire des « pate kòde ». « Je suis une marchande de pate kode », raconte fièrement cette mère de deux enfants, chef de « Positivité », une entreprise installée à Béraud (Torbeck) qui emploie  une cinquantaine de personnes. Aliette Nelson, « Mme sans complexe », a un credo : « L’adversité contient toujours le ferment d’une nouvelle chance ». Connectée à la difficile réalité des entrepreneurs, elle plaide pour la démocratisation du crédit à des taux d’intérêts moins élevés. Elle est pour plus de flexibilité.

Nelsaint Vil (La Manne eau et jus), Jovenel Dubois (JEDCO), gagnant de la catégorie Environnement, Jean Lionel Pressoir, le Digicel entrepreneur 2012 sont sur la même longueur d’onde. Il faut, outre un crédit flexible, des mesures pour protéger la production locale, les « entrepreneurs réalisateurs », selon Jean Lionel Pressoir.