C'était le Jour mondial de l'Eau, vendredi. Il faut en parler, dans un pays où ce précieux liquide cause des dégâts par déficits comme par excès. Un verre d'eau vous manque et la soif vous tue, une tempête et trop d'eau emporte tout. La tempête et le verre d'eau nous poursuivent dans des instants inattendus. Cette semaine, c'est une tempête qui s'est abattue dans les médias avec l'annonce que le gouvernement aurait pris la décision d'interdire aux députés de rendre visite aux membres du gouvernement et aux directeurs généraux avec leurs demandes d'emplois pour leur parenté, parentèle, amis, surtout les petites, et leurs petits projets pour leur commune, ville et département. Le saisissement fut double. Certains l'ont noyé dans un verre d'eau fraîche en se demandant à quoi les élus allaient passer leur temps utile s'ils sont privés du loisir d'aller quémander à longueur de journée et faire antichambre avec leurs frustrations et leurs espérances devant la porte des ministres et directeurs généraux. Qu'allait aussi faire le gouvernement avec des parlementaires qui sont ses alliés s'il coupe les ponts ? Comment les avoir avec soi sans atome idéologique crochu autrement qu'en les tenant par l'hameçon de l'aide à leurs divers projets et demandes ? Et quelle est donc cette affaire de leur demander de passer par le ministre chargé des relations avec le Parlement, eux qui ne s'entendent pas, mais pas du tout, avec le titulaire actuel de ce poste... Le Nouvelliste a pu avoir accès à la circulaire envoyée par le secrétaire général de la Primature aux ministres, secrétaires d'Etat et directeurs généraux, et il n'est pas demandé ni même recommandé aux parlementaires de passer par le ministre Ralph Théano pour leurs demandes. Instruction est passée aux ministres, secrétaires d'Etat et directeurs généraux de transmettre les dossiers relatifs aux parlementaires à leur collègue qui a la charge des relations avec le Parlement, Ralph Théano. Le résultat sera le même. Les petites demandes des élus finiront sur le bureau et sous les yeux du ministre qu'ils apprécient le moins, mais ils pourront continuer à faire la cour aux ministres de leur choix. Les espérances des parlementaires soumis au bon vouloir de Théano, c'est une tempête. Les rapports de force vont changer. Mais c'est une tempête dans un verre d'eau.