11 220 billets d'entrée vendus. Si on ajoute les enfants, - exemptés de payer, personne ne les a comptabilisés - et les VIP de tout poil ayant l'entrée largement ouverte devant leur personne, le Parc historique de la canne à sucre a vu passer autant de monde pour Livres en folie que le stade Sylvio Cator pour un bon match de football ou un concert de Kassav.
Dire que ce n'est ni pour s'extasier devant les exploits de brillants dribleurs ni pour écouter un groupe à succès que le public avait fait le déplacement ! C'était pour acheter des livres, rencontrer des écrivains, communier dans une inexplicable ferveur commune.
Plus de 16 000 personnes réunies en un même lieu pour une foire du livre, c'est inouï. Les attentes sont dépassées, les mécanismes mis en place débordés. Le succès, quand il bouscule -et de loin- les espérances, devient lourd à porter. Livres en folie vit ce tournant, une nouvelle fois dans sa petite vie de 19 ans.
Trois changements de locaux, des innovations chaque année, un staff de plus en plus pléthorique, la vente dans 14 villes de province, la vente online, l'entrée payante pour la première fois, rien n'a suffi à rendre le processus fluide et sans souci. Chaque année, l'affluence met à mal toutes les préparations. Le défi de faire mieux est lancé à la face des organisateurs encore une fois.
Pour la foire de ce jeudi de la Fête-Dieu de cette année, il fallait faire la queue en voiture pour arriver au Parc historique de la canne à sucre desservi par la seule route de Tabarre en mauvais état. Faire la queue pour acheter son billet et accéder au parc. Prendre le temps de remplir sa fiche de commande, maison d'édition par maison d'édition. Reprendre à chaque fois la queue pour acheter les livres dans chaque maison d'édition. Et si la faim ou tout autre besoin physiologique s'invitait dans la liste de vos priorités, refaire, encore et encore, la queue.
Au final, tous les pèlerins du livre ont achevé leur journée les pieds endoloris, les muscles démantibulés, une fatigue générale sur le dos.
La seule compensation fut de repartir du parc heureux d'avoir trouvé le livre souhaité, content de sa collection d'autographes, le sourire aux lèvres en pensant à ce regard volé à une inconnue dans la ligne du stand des auteurs en signature ou pour les plus hardis, un nouveau numéro de téléphone et la promesse d'un roman à écrire.
Livres en folie est une poésie écrite avec de la sueur, de la ténacité et la conviction d'avoir répondu à une belle invitation qui ne tient jamais toutes ses promesses.
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