Les membres du Conseil électoral -ni provisoire ni permanent- mais transitoire vont mettre le pied à l'étrier pour monter le cheval des élections.
Non pas que les honorables -avant la proclamation des résultats, ils le sont tous- membres ne fussent pas dans la cour pour préparer les joutes, mais, sans un sou, ils n'allaient pas aller bien loin.
Ils ne ménageaient pas leur monture, ils n'en avaient pas tout simplement.
Enfin, un montant leur est promis par l'État haïtien.
Dès cette semaine, 60 millions de gourdes pour les petites urgences et les dettes accumulées. Puis, une enveloppe de 300 millions de gourdes, avant la fin du mois de juillet.
Cela nous met loin du compte de 31 millions de dollars annoncés on ne sait par quelle arithmétique avant même que de multiples réunions se tiennent et avant même que la date des scrutins ne sont connue. "31 millions" a dit un expert es-budget, 31 millions répétons-nous en choeur.
La date, la pierre d'achoppement, est le centre de tout. "Fin 2013", avait-on annoncé, les élections se tiendront. Là encore sans avis du Conseil électoral.
Cette échéance de fin 2013 est un butoir magique, un couperet, une ligne d'arrivée après deux ans de retard. Cette limite de fin 2013 rallie un jour tous les suffrages, le lendemain toutes les railleries.
Il suffit qu'une ambassade ou un ambassadeur se dise pour ou contre pour que l'actualité tousse, ou se gargarise en supputations.
Des élections en 2013 ou en 2014 n'auront pas le même budget. Une élection pour les élus déjà en attente ne sera pas la même élection si on attend que d'autres élus s'ajoutent à la liste de ceux qui doivent recevoir le vote du peuple. Ce ne sera pas au même coût non plus.
Comment faire le bon compte : une élection en 2013, une autre en 2014 ou une seule en 2014 ?
Déjà que s'entendre sur le CTCEP fut long, déjà que la loi électorale se fait encore attendre, s'ils doivent servir qu'une seule fois, cela donne une idée des retards qu'accumuleront les prochaines élections.
Précaution fait le lit des poltrons, d'autres se disent qu'il est plus sage de ne pas mettre toutes les votations dans les bras d'une seule élection avec un CTCEP dont on ne sait s'il fera bonne oeuvre ou oeuvre de chauve-souris comme certains de ses devanciers... Mieux vaut miser deux fois.
Ici, ce n'est pas tant le principe des élections qui motivent les acteurs, mais la plaisante perspective de les gagner haut la main, aidée en cela par des mains amies. Les millions n'assurent aucune certitude. Des fois dépensés, ils ne garantissent rien, ni la tenue des élections, ni les résultats connus d'avance.
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