Le Nouvelliste publie dans cette édition la liste des 12 personnalités qui ont marqué l’année 2013. Parmi eux, trois le sont pour des dossiers dont ils ont la charge ou leur positionnement concernant la République dominicaine. Le chancelier Pierre Richard Casimir conduit la diplomatie haïtienne sous les ordres du président Michel Martelly; son plus gros dossier concerne la République dominicaine où il ne peut même pas nommer un nouvel ambassadeur pour remplacer l’octogénaire Fritz Cinéas. Si le Parlement lui met des bâtons dans les roues, l’absence d’un bureau doté de moyens adéquats et d'un personnel qualifié chargé de suivre la question dominicaine handicape tout autant. Colette Lespinasse, avec son Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés (GARR), est le principal acteur de la société civile à se pencher régulièrement sur la politique migratoire entre les deux pays qui se partagent l’île. Sa présence dans le classement des personnalités de l’année souligne le poids de cette question. D’ailleurs, souvent au-devant de l’actualité, la question migratoire occulte totalement la colonisation économique que les Dominicains mettent en place en Haïti. Rumai, l’homme de Palito de coco, paraît être l’extraterrestre de la liste. Détrompez-vous. Il est le symbole de ces Haïtiens qui sont au cœur des relations haïtiano-dominicaines. En Haïti, nous ne faisons rien pour fixer notre population, en République dominicaine, on fait tout pour les chasser. Jusqu’au jour où, par besoin, la République dominicaine trouve que Rumai, ou le coupeur de canne, ou le travailleur du secteur de la construction, ou ce cadre du secteur touristique, est d’une grande utilité. Alors, ici comme là-bas, on déroule le tapis rouge avant que la chasse ne reprenne. Pour compléter le tableau de l’année dominicaine, Le Nouvelliste publie deux articles. L’un de Jean Michel Carois - journaliste, installé en République dominicaine, correspondant du journal Le Monde - qui trace un portrait saisissant de Leonel Fernandez et de la politique dominicaine. L’autre de Roger Noriega - diplomate américain - qui dénonce le projet antidémocratique qui se cache derrière la dénationalisation de centaines de milliers de Dominicains au prétexte qu’ils sont d’origine haïtienne. A lire tout ce qui précède, un nouveau maître s’installe sur l’île, comme cela fut écrit dans cette colonne, et son projet met Haïti dans son assiette mais ne veut pas de tous les Haïtiens dans son salon.