Si les Haïtiens doivent faire confiance à leurs représentants officiels dans les négociations qui se tiennent avec la République dominicaine, chaque secteur doit veiller à ce que ses intérêts soient sauvegardés dans le grand chassé-croisé qui commence.
Pour garantir l’harmonie du dialogue, le gouvernement, comme les acteurs de la société haïtienne, a l’impérieux devoir de rédiger au plus vite, mais sans hâte, le livre blanc des relations haïtiano-dominicaines. Un vade-mecum recensant les points sur lesquels nous serons intraitables et les domaines dans lesquels nous avons besoin des Dominicains.
Secteur par secteur, définir ce que nous voulons comme relations avec nos voisins est nécessaire. Sortir de nos envies, de nos peurs pour passer à des propositions concrètes est une étape essentielle si nous ne souhaitons pas être le dindon de la farce.
Il nous revient en urgence de coucher sur du papier le tracé du chemin de l’avenir commun que nous sommes obligés de prendre avec la République dominicaine. La philosophie, les paradigmes, nos buts ne seront pas sur la photo-souvenir, mais fonderont le pourquoi nous allons nous mettre autour d’une table avec nos voisins.
Le livre blanc ou les livres blancs doivent être politiques dans leurs orientations, stratégiques dans leurs visées mais surtout pratiques. Pas une collection de vœux pieux ni des recueils de bonnes intentions inatteignables.
A l’aune de leurs ambitions, depuis des années, les Dominicains ont pris la mesure de nos insuffisances, il est temps que nous aussi nous prenions acte de nos forces et de nos faiblesses avant de nous mettre à la table de négociation.
Si les secteurs haïtiens du commerce, de l’industrie, des services, de la construction,de l’éducation, des droits humains, pour ne citer qu’eux, si notre diplomatie et l’exécutif au plus haut niveau ne peuvent pas bien appréhender ce qui se joue, il est encore temps de prendre le temps de le faire.
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