L’éducation est une affaire de transmission de savoir. D’homme à homme. D’abord. Toutes les techniques, toutes les méthodes, tous les moyens, tous les budgets se cassent les dents si le chaînon de base manque à l’appel. L’homme. Elève ou professeur. Pour les premiers pas, il faut un tuteur, des béquilles, des aides.
En Haïti, chaque gouvernement fait le pari d’augmenter le budget de l’Education nationale. Peu y arrivent, tous échouent à changer la donne. Milliards en plus ou en moins, la bête reste insatiable. Les enfants, les élèves, les étudiants sortent de plus en plus nombreux mal formés du processus.
Une responsable syndicale a dénoncé ce mardi les secteurs privé et public dans le grand gâchis de l’éducation en Haïti. Sur les ondes de Magik 9, elle a multiplié les exemples.
Si c’est vrai que 90% des écoles, toutes filières confondues, sont des écoles du secteur privé, 90% de l’échec est de leur responsabilité. Si aussi 100% du système éducatif est sous la responsabilité du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, 100% de l’échec est de sa faute, n’est-ce-pas ?
Toujours ce mardi, le ministère de l’Education nationale organisait une conférence de presse dans le cadre de « Journée nationale de statistiques scolaires au bureau central du MENFP, rue Dr Audain # 5 », disait le sms d’invitation.
Un seul chiffre était fiable, le 5, l’adresse du bureau central. A cette « Journée nationale de statistiques scolaires », les responsables présents ce mardi ne pouvaient pas répondre à la question « combien existe-t-il d’écoles en Haïti »?
Mais, ô miracle ! ils savaient le nombre d’élèves qui les fréquentent…
Le malheur du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle est que les fonctionnaires n’y sont intéressés que par la manne des examens d’Etat et, depuis peu, par celle tout aussi généreuse du Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO). Les statistiques concernant ces deux vaches à lait sont à jour. Gonflées ou pas, ça c'est une autre question.
Dommage que les professeurs, les élèves, les étudiants, les méandres de l’apprentissage, les finalités de chaque filière n’intéressent personne au ministère. Relisez les nombreux articles publiés au sujet de nos lycées ces dernières semaines dans Le Nouvelliste et vous aurez une idée de la situation.
Le président Michel Martelly a dit, le 1er janvier aux Gonaïves, que l’éducation est sa priorité pour 2014, espérons que le secteur n’aura pas le sort de l’environnement, ex-secteur prioritaire de 2013.
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