Le dialogue, ou ce que les groupes jusqu’au-boutistes appellent monologue, a achoppé sur deux gros dossiers : la formation d'un gouvernement de consensus, donc d’un gouvernement avec un nouveau Premier ministre qui inspire (ent) confiance et le départ du CT-CEP. Deux grands irritants, en somme. Défendues par Fanmi Lavalas, Fusion, Kontra-Pèp, Lavni, Kid, Lapè de Jude Célestin et d’Hector Anacacis, OPC (au départ), et relayées par d’autres regroupements qui n’ont pas participé au sommet de l’hôtel El Rancho (comme Acao, par exemple), ces propositions «modèles» ont été écartées par les partis et « particules» proches du pouvoir Tèt Kale qui face à la démobilisation de la rue, « La vie en rose ! », ont compris que tout est encore possible. Les rapports de force sont visiblement en leur faveur. Au final, on est retourné à la case départ, scandent et les partis de l’opposition modérée et les partisans de l’option Rache manyòk qui ne veulent pas des élections avec (sous) Martelly.
Qu’est-ce qui va se passer dans les prochains mois ? Va-t-on vivre l’année 2014 non pas comme une année électorale, mais de préférence comme une accélération de la polarisation de la vie nationale ?
Qu’on ne s’y trompe pas, l’atmosphère de détente politique et la sérénité nécessaire à la mise en œuvre du processus électoral ne pourront pas se réaliser dans une situation d’agitation et d’incertitude. Au slogan «Elections ou démission» (2013) du MOPOD s’est substituée sur les lèvres des adversaires les plus farouches de Martelly- Lamothe la rengaine « Elections générales anticipées - pas en 2014… car si le temps politique est déjà si pollué par l’intransigeance des protagonistes, son rythme (imprévisible) sera en plus marqué par les festivités carnavalesques, la Coupe du monde de football dont la grande majorité des Haïtiens sont si friands, la rentrée des classes…
Bref, l’organisation des élections locales, communales, sénatoriales et législatives apparaît alors comme une véritable gageure. Une chimère? C’est vous qui le dites !...
Le grand risque, pour l’équipe au pouvoir, c’est de voir l’opposition modérée – à défaut d’un consensus autour des deux irritants avec l’exécutif – rejoindre le camp de la table rase ou, vraisemblablement, les promoteurs des élections générales anticipées (pour 2015) ! L’opposition plurielle fusionnée, c’est la guerre ! La Conférence épiscopale d’Haïti, en la vénérable personne du cardinal Chibly Langlois, n’aura donc servi qu’à différer l’affrontement fatidique du pouvoir et de l’opposition. Dans les « guerres » interhaïtiennes, exacerbées par des passions enflammées et des ambitions électorales aveugles, tous les scénarios - catastrophes sont malheureusement prévisibles, possibles …
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