Ce jour ramène le 116e anniversaire du journal Le Nouvelliste. En cette occasion, il nous plaît de souhaiter à tous nos abonnés, à tous nos commanditaires, à tous nos lecteurs, à tous nos employés, un bon 116 ans et une bonne fête de l'Agriculture et du Travail en ce 1er mai 2014.
La rédaction tout entière s’associe à la direction du Nouvelliste, à Max E. Chauvet et à Pierre Chauvet Fils, les propriétaires, pour vous assurer, encore une fois, des meilleurs sentiments de Le Nouvelliste, votre journal.
Du premier câble transatlantique qui permit au journal d’être le principal informateur d’Haïti en 1898 au premier réseau haïtien d’information présent sur tous les supports en 2014, Le Nouvelliste et ses entreprises partenaires promettent de continuer à mieux vous informer, Haïtiennes et Haïtiens de partout à travers le monde.
Plus qu’un simple quotidien, avec l’avènement des réseaux sociaux, nous vous promettons d’être avec vous en permanence. A votre écoute grâce à vos commentaires nombreux et à l'écoute pour vous de tous les points d’une actualité multiforme.
Du lancement opéré par Guillaume Chéraquit et Henry Chauvet, 116 ans plus tard, quelle leçon peut-on tirer de l’expérience Nouvelliste ? Il ne faut placer son accomplissement entre les mains de personne. Ni celles des hommes d’ici ni celles de ceux d’ailleurs.
Le chemin de votre avenir est en vous. Ne laissez personne épuiser votre énergie, banaliser vos attentes, se nourrir de vos illusions. Agissez. Pariez sur l’avenir, sans attendre.
Il y a 116 ans, ceux qui décidèrent de lancer Le Nouvelliste devaient se dire la même chose.
Lancer, en 1898, un quotidien en français, en Haïti, n’était pas un pari gagné d’avance. Le pays était déjà réputé instable. Une révolution chassait une prise d’armes. Les gouvernements tombaient comme des fruits mûrs. Peu d’Haïtiens savaient lire. Le commerce, une peau de chagrin, supportait peu d’initiatives. Ce portrait n’est pas d’aujourd’hui mais bien du XIXe siècle.
Ce ne sont pas l’appât du gain facile ni la promesse de la réussite qui guidaient les fondateurs du journal et les premiers collaborateurs qui s’adjoignirent à eux. La foi en l’avenir, jour après jour, leur avait suffi.
Aujourd’hui, ceux qui veulent aller loin doivent se mettre dans la peau des hommes de cette trempe. Choisir une monture, la ménager ou la forcer, sans jamais perdre le bon cap. Il n’y a pas d’autres voies vers la réussite.
Pour ce, il n’y a pas de formule toute faite. Pas de carte, pas de GPS. Personne ne vous dira quel chemin est le bon. Pas par égoïsme, simplement par méconnaissance. Haïti est un terrain original à sa façon. Une grande terre vierge. Tout ce qui fait école ailleurs ne sert qu’une fois ici. Vous n’êtes pas passé par un chemin que déjà la nature reprend ses droits. Demain, si vous empruntez le même parcours, il vous vaudra tailler à coups de machette le passage.
Cette spécificité anormale fait le charme de ce pays. Il est encore à conquérir. Il y a de la place dans tellement de domaines. Choisissez le vôtre.
Et n’attendez rien de personne. Ni de l’Etat, ni du secteur privé. Allez avec vos armes. En route, ils vous rejoindront. Dans notre société plus qu’ailleurs, on n’aide que ceux qui avancent sur le chemin du succès, pas ceux qui, désespérément, le cherchent.
Nagez et sortez de la mare, conseillait il n’y a pas longtemps un président haïtien, mal compris à l’époque. Son salutaire conseil avait le bon sens de son côté. Mais ici, on préfère croire que l’Etat, le gouvernement, la Providence sont responsables de notre sort, mandatés pour nous forger un avenir.
Débrouillez-vous, vient de prescrire Jacques Attali dans un texte adressé aux Français. Sa recommandation nous va comme un gant. Que conseille-t-il, Attali ?
« Débrouillez-vous, tel est mon conseil. Cela veut dire: au lieu de rester chômeur et d'attendre une offre d'emploi, formez-vous, créez votre entreprise et votre emploi, avec les crédits encore disponibles; si vous avez un emploi ennuyeux, inventez vous-même une nouvelle façon de faire votre métier, quel qu'il soit, plus amusante et plus créative. Si votre chef vous ennuie, inventez une façon (il y en a mille) de le contourner, de le neutraliser. Si vous êtes chef d'entreprise, n'attendez pas de baisse d'impôt pour investir ou embaucher; choisissez votre stratégie au regard du monde comme il est. Et si cela passe par votre départ à l'étranger, faites-le, sans remords, pour un temps, sans pour autant céder à l'illusion d'exotiques miroirs aux alouettes.
Le monde appartiendra demain à ceux qui, aujourd'hui, auront su renoncer à attendre quoi que ce soit de qui que ce soit. De leurs parents. De leurs patrons. De leurs maires. De leurs gouvernants. »
Le Nouvelliste a 116 ans ce 1er mai 2014. 116 ans que dans nos pages nous relatons les espoirs et les désillusions de couches de la population qui misent sur de mauvais chevaux. 116 ans que la réussite n’est qu’une affaire individuelle dans le pays. 116 ans depuis que nous ne comprenons pas que c’est la somme des réussites personnelles qui forgera la réussite collective. Pas l’inverse.
Allez, pariez sur l’avenir, il s’annonce plein de promesses à cueillir.
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