Rarement un communiqué ne tombe aussi mal. En pleine célébration des trois ans au pouvoir de Michel Martelly, l’Électricité d’Haïti, notre fameuse EDH, a rendu public un communiqué qui dément tous les slogans de développement et de progrès charriés par la fête.
« Port-au-Prince, le 14 mai 2014 : La Direction Générale de l’Électricité d’Haïti (EDH) présente ses excuses à sa clientèle en particulier et à la population en général pour le rationnement drastique constaté ces derniers jours dans la zone métropolitaine. Elle tient également à informer que ces coupures sont dues à une pénurie de carburant causée par un retard de livraison au site de Varreux, ramenant à seulement 65 MW la puissance disponible de l’EDH. Ceci a réduit par conséquent les heures d’alimentation de quatorze (14) heures à douze (12) heures en moyenne par jour. »
« Rationnement drastique », « coupures dues à une pénurie de carburant », « causée par un retard de livraison », « seulement 65 MW la puissance disponible », tout est dit dans le communiqué, ce portrait du « faire noir ».
Le rêve de bénéficier de l’énergie électrique est partagé par toute la population et par tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis que la fée électrique est disponible. Tous les gouvernements ont échoué à convertir leurs promesses et souhaits en mégawatts. Martelly, son administration et ses gouvernements s’inscrivent dans cette longue lignée. Le E de l’énergie était d’ailleurs un des grands absents du bilan des trois ans, ce 14 mai.
Pas d’électricité, cela signifie pas de développement. Pas d’électricité à cause d’un retard de livraison, cela signifie mauvaise planification, pénurie de carburant est synonyme de problème financier. Le développement et le progrès en prennent pour leur grade.
Cela dit, par la faute de l’opposition et grâce à la magnifique machine de communication mise en place par l’équipe de Martelly, le pays n’aura pas eu le temps de faire un vrai bilan de l’action gouvernementale, cette année encore.
L’électricité dont le pays a grand besoin restera sur la liste de nos inaccessibles envies. Peut-être que, l’année prochaine, si les élections se tiennent, on pourra en parler. Si nous n’inventons pas une nouvelle raison de ne pas aborder les questions sérieuses.
Ce pays est si fort dans la production du faire noir que l’on comprend presque les défaillances permanentes de l’EDH.
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