Il y a eu dimanche des élections en Europe pour pourvoir le Parlement européen de nouveaux représentants. Des nouveaux venus vont faire leur entrée dans l’enceinte de cette assemblée, des anciens ont été reconduits, d’autres n’ont pas eu droit à un nouveau mandat. En France, les sondages n’ont pas menti. Le Front national des Le Pen a remporté les élections. Certains parlent de choc, d’autres de séisme. Le résultat était attendu. Ce n’est pas une surprise. Dimanche, il y avait aussi des élections en Ukraine. Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko a crié victoire le soir même. Ces élections surviennent quelques semaines après la déroute de l’administration de Viktor Lanoukovitch et dans un pays en état de guerre civile. Il y aura bientôt des élections en Egypte. Le maréchal Al Sisi se profile déjà en vainqueur. L’armée égyptienne a laminé le parti des Frères musulmans. Coup d’Etat, arrestations, condamnations à mort, toute la panoplie des mesures répressives est déployée dans cette démocratie fragile du Moyen-Orient. Les élections aussi diverses que variées dans les pays cités ne sont pas la panacée, mais restent le moyen le plus économique de changer de gouvernement. La France, l’Ukraine et l’Egypte ont tous fait l’expérience des autres formes de changement de gouvernement avant de s’arrêter aux élections. En Haïti, avec des sondages aussi clairs qu’en France, les élections remportées par le Front national auraient-elles eu lieu ? En Haïti, n’allait-on pas profiter de l’état insurrectionnel pour prétexter que les élections ne sont pas possibles. Alors que l’Ukraine, en quasi-guerre civile, s’y plie ? En Haïti, quel général d’armée accepterait de passer par les urnes pour confirmer son pouvoir comme Al Sisi le fait en Egypte ? La démocratie en Haïti a encore besoin de tuteurs, de patrons, de béquilles. Les forces politiques, au pouvoir comme dans l’opposition, ne sont pas encore convaincues que les élections coûtent bon marché quel que soit leur budget et que la démocratie peut survivre sans elles.