Bon nombre de feux de signalisation routière installés à Port-au-Prince sous l’administration Préval sont hors service. Ce qui crée un désordre sans nom dans certaines intersections d'où les policiers sont souvent absents. Même aux heures de pointe. Trop occupée dans la construction des infrastructures publiques et empêtrée dans une crise préélectorale, l’administration Martelly/Lamothe abandonne les automobilistes à leur sort. Des feux de signalisation se sont éteints depuis plus d’un an. L’entreprise chargée de les installer et de les entretenir en installe de nouveaux sans réparer les anciens. Il n’y a, peut-être, rien de méchant dans la totale indifférence affichée par les autorités haïtiennes à l'endroit du dysfonctionnement prolongé des feux de signalisation routière. Car les embouteillages ne sont pas pour ceux qui sont en possession d’un véhicule officiel, encore moins pour les cortèges officiels. Les « chefs », leurs chauffeurs, leurs proches, leurs amis, voire n’importe quel occupant d’un véhicule immatriculé officiel, ont trop de choses jugées importantes à régler pour accepter de perdre du temps dans les embouteillages. Les automobilistes savent qu’ils doivent céder la voie, quelle que soit la situation, aux véhicules des « chefs ». Des étudiants de l’Université Quisqueya ont récemment payé le prix fort pour avoir violé « cette règle ». L’opinion publique attend encore la note du gouvernement Lamothe condamnant l’agression de Roro Nelson sur ces étudiants. Etat de droit oblige. Le gouvernement a peut-être une bonne raison de ne pas choisir de remettre en service les feux de signalisation routière installés sous l’ancienne administration. Il n’y aura rien à inaugurer ni à célébrer. On ne pourra pas non plus parler de « première fois ». N’est-ce pas mieux d’investir dans des projets qui peuvent donner de la visibilité ? Ne peut-on pas espérer qu’un conseiller ou un membre de cabinet du chef de l’Etat ou du Premier ministre leur conseillent d’inscrire la réhabilitation des feux de signalisation routière dans leur agenda quand ils auront terminé avec le programme d'installation de lampadaires? Et si personne ne pense à le faire ? La vie va continuer au pays du black-out, quelle idée d'avoir des feux de signalisation en bon état de fonctionnement...