L’homme d’affaires, très connu dans la ville de Jacmel, et qui devient sénateur de la République aux élections de mars 2011, se prépare à se démettre de ses fonctions de législateur avec quatre autres collègues pour rendre la Chambre haute caduque. Les sénateurs Lucien Dérex Pierre-Louis et Jean Willy Jean-Baptiste ont déjà adhéré à la proposition du sénateur Zenny qui paraissait très étranger dans cette assemblée durant ces trois années de mandat. Les deux autres collègues du groupe des cinq qui supporte l’administration Martelly-Lamothe réfléchissent avant de prendre cette décision. Wencesclass Lambert fait durer le suspense pour ne pas prêter le flanc à une décision concoctée par l’exécutif. Pour sa part, le sénateur François Lucas St-Vil, dont le mandat arrive à terme en janvier 2017, reste dans l’expectative. Ces démissions doivent être effectives à la clôture de la séance en Assemblée nationale, le deuxième lundi de septembre qui marque la fin de la dernière session de la 49e législature. Les députés entreront en vacances et ne devront retourner en siège que si le président décide de les convoquer en session extraordinaire. Avec ce scénario, il ne restera que quinze sénateurs au sein de l’Assemblée qui ne pourra pas tenir séance ni adopter aucun acte législatif. De fait, le Sénat sera frappé de caducité. Parmi les sénateurs, huit resteront en fonction jusqu’en 2017 et sept quitteront le Sénat en janvier 2014. Il demeure entendu que les députés et les sénateurs qui ne pourront pas exercer leurs fonctions de législateur auront droit aux privilèges et à l' immunité attachés à leurs fonctions. Dans ce cas, Michel Martelly pourrait se préparer à prendre des décrets ayant force de loi jusqu’à l’installation de la prochaine législature et des deux tiers du Sénat. Selon toute vraisemblance, l’institution électorale ne sera plus en panne de cadre légal à partir du 9 septembre prochain, pour lancer ses opérations, dans la perspective des élections pour le renouvellement des membres du pouvoir législatif et des collectivités territoriales. Dans cette optique, l’invitation lancée par le Sénat au président de la République pour une nouvelle ronde de négociation avec le groupe des six partis politiques, afin de trouver une solution sur le vote de l’amendement de la loi électorale bloquée à la Chambre haute, n’aura sans nul doute pas les effets escomptés. Ayant déjà envisagé les voies et moyens de contourner le blocage du groupe des six sénateurs qui s’opposent au vote de l’amendement de la loi électorale depuis cinq longs mois, Michel Martelly pourrait ne plus vouloir s’asseoir avec ces sénateurs pour trouver une quelconque solution sur ce dossier. Tous les yeux seront braqués sur les parlementaires ce deuxième lundi de septembre qui marquera un nouveau tournant dans les rapports entre le pouvoir législatif et l’administration Martelly. Quelles seront les capacités des six partis politiques et des six sénateurs pour donner une réponse proportionnelle à l’initiative du pouvoir ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com