La crise pré-électorale commence à prendre la forme d’une crise explosive, parce que le temps des séquences électorales (les communales et les législatives, avant et la présidentielle, après) s’effrite de plus en plus. Comment résoudre alors cette crise?
Pour arriver à l’organisation d’élections inclusives et crédibles, il faut «négocier» une sortie de crise «consensuelle», satisfaisante à toutes les parties en conflit. Pour le pouvoir en place, l’essentiel c’est d’arriver à une passation des pouvoirs pacifique, respectueuse constitutionnellement du mandat présidentiel. Et c'est important pour le pays. Un pays qui est essoufflé, en crise permanente, la risée du monde entier. Il faut sortir du cycle infernal du «rache manyòk». Pour l’opposition - toutes tendances confondues -, attachée à l'application de l'article 289, les objectifs sont divergents. Soutenu par la société civile, l’appel au dialogue entre l’exécutif et le groupe des six (6) proposé par le bureau du Sénat qui s’inscrit dans le cadre de la recherche d’un consensus politique et électoral est une opportunité pour les modérés des deux camps. Une solution endo-haïtienne, si elle est dictée par les interêts supérieurs de la nation, c'est-à-dire aujourd'hui la stabilité, l'apaisement et l'inclusion, sera absolument préférable aux dicktats made in OEA ou autres.
Mais le hic, c’est le menu de ces négociations. Alors là, c'est la bonne foi de tous les acteurs qui est en jeu. Essentiellement. L’opposition radicale veut des élections générales sans le président Michel Joseph Martelly. On ne sait jamais sur quoi peut déboucher une transition. En tous points, le coût des transitions, ponctuées par des crises épouvantables, est souvent élevé.
L’opposition modérée – jusqu’à présent ? – est obsédée aussi par l’environnement électoral et les conditions politiques dans lesquelles les élections vont se réaliser. Ce qui est juste. On ne peut pas passer outre. Rompus aux combats politiques et électoraux, les six (6) partis et regroupements politiques parlent de Premier ministre de consensus et de gouvernement d’ouverture, facteurs essentiels pour arriver à une véritable solution à la crise pré-électorale. Tout est là, indiscutablement.
L’équipe Têt Kale, fascinée par d’autres solutions (l’application de l’article 12 de l’Accord d’El Rancho, entre autres), est certainement à un carrefour décisif, périlleux même. Divisée, indécisive, fébrile, elle n’a plus le droit à l’erreur, car les élections, invariablement (frauduleuses ou inclusives), concernent avant tout l’avenir de l’équipe au pouvoir. Candidats malheureux et anciens dirigeants décriés, militants intègres et citoyens engagés, modérés et extrémistes, les opposants, eux, n’ont parfois pas grand'chose à perdre.
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