Cette année, l’Etat haïtien, à travers le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), gagne la bataille de rouvrir l’école début septembre. Une grande première depuis le séisme du 12 janvier 2010. Est-ce la preuve que le pays s'est relevé totalement de cette catastrophe qui l’a mis à genoux ? Difficile de répondre par l’affirmative tant il nous reste du chemin à parcourir.
Quoi qu’il en soit, la réouverture – timide – des classes ce 8 septembre est une mesure à applaudir. N’est-ce pas un premier pas dans la bonne direction ? Un grand pas quand on se rappelle que, au cours des années antérieures, le MENFP décidait unilatéralement de reporter la rentrée des classes à octobre. Les autorités menaçaient même de sanctionner les responsables d’école qui ne respecteraient pas leur stupide mesure. Cette année, le MENFP décide de changer son fusil d’épaule. Tant mieux! Les autorités ont même diffusé des spots de sensibilisation dans les médias pour tenter de convaincre les parents à ne pas garder leurs enfants chez eux. Une grande première !
Même si beaucoup de parents gardent encore leurs progénitures chez eux faute de moyens ou dans l’attente de la grande réouverture dans huit, quinze jours ou un mois, Nesmy Manigat peut s’enorgueillir d’avoir tenté. L’Etat haïtien, à travers le MENFP, gagne, peut-être, une bataille, mais pas encore la guerre. Il lui reste beaucoup de batailles à gagner avant de savourer le champagne. Il y a surtout le virage de la qualité à réaliser. Avec les 12 mesures annoncées, on veut croire que les autorités haïtiennes ont finalement compris que l’école haïtienne mérite un grand coup de balai. Elles semblent aussi comprendre qu’il est temps qu’elles commencent à mettre en application les conclusions des nombreux colloques ou états généraux de l’éducation organisés au cours des dernières années.
La rentrée des classes cette année dès la deuxième semaine de septembre est un premier pas dans les efforts pour permettre aux écoliers haïtiens de se rapprocher du calendrier scolaire international en matière de nombre de jours de classe. Cette mesure peut cependant se révéler vaine si les acteurs politiques ne trouvent pas un modus operandi pour éviter au pays de sombrer dans une crise politique aux conséquences incalculables. L’école est souvent l’une des premières victimes des décisions maladroites de nos politiciens. Dommage que beaucoup de ceux qui alimentent la crise ne le sachent pas. Leurs enfants ne sont pas non plus concernés par les maux de l’école haïtienne que les crises politiques récurrentes ne font qu’aggraver. Ce n’est pas une raison pour ne pas demander leur collaboration pour que l’année scolaire 2014-2015 soit le début d’une nouvelle école haïtienne.
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