La ville du Cap-Haïtien a connu des heures chaudes ce jeudi. Des échauffourées ont été provoquées par les chauffeurs de taxi-moto en protestation contre la décision de la police de la cité d’Henry Christophe de leur interdire de transporter plus d’un passager à la fois.
En toute bonne logique, les opérateurs de ce mode de transport devraient se réjouir de cet ordre de la PNH. Un passager par moto, cela signifie une augmentation significative du nombre de courses à faire. Avec l’injonction de la PNH, une famille (père, mère et enfant) pour se déplacer, devrait affréter trois motocyclettes et payer trois courses pour arriver à destination au lieu de se coincer sur une seule monture et ne payer qu’une seule.
Mais voilà, la logique implacable des chauffeurs de taxi-moto leur a appris une autre arithmétique dans ce pays pauvre. Incapable de payer trois fois, la famille risque de marcher à pied. Alors, au lieu de tout perdre, certains transportent pour le même prix deux, trois, des fois, quatre personnes.
La police du Cap-Haïtien, sur un coup de tête, a perturbé sans raison valable le secteur le plus dynamique du transport en commun. La police a-t-elle raté l’évidence que la moto est devenue le transport en commun de personnes, de marchandises et d’animaux en Haïti ?
Avoir une moto est un signe extérieur de non-pauvreté. Se payer une course à moto a aussi valeur de symbole dans nos contrées très peu desservies par les autres formes de transport motorisé.
Pourtant, en dépit du fait que des dizaines de milliers de petites motocyclettes sillonnent chaque ville du pays, la police, les autorités continuent d’avoir une approche répressive envers cette solution populaire à l’insoluble problème du transport.
La répression est constante contre les motocyclettes et les taxi-motos en particulier. Faites un tour dans n’importe quel commissariat du pays et vous aurez une idée des saisies de motos par la PNH. Prêtez attention à un check point de la police et vous vous rendrez compte que les motocyclistes sont la cible numéro un.
Alors que le gouvernement et le secteur privé font leur beurre sur les importations de véhicules motorisés de deux roues, personne ne met l’accent sur l’apprentissage de la conduite de ces engins sur la prévention routière qui devrait accompagner cette révolution dans le secteur transport, personne ne songe à une assurance pour ces centaines de milliers d’usagers et d’opérateurs qui finissent estropiés ou au cimetière.
Ah ! les motos, on ne les aime pas ici et pourtant personne ne peut nier leur flagrante utilité.
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