A l’occasion du 27e Conseil de gouvernement qui sera organisé à l’île de La Gonâve, les samedi 13 et dimanche 14 septembre en cours, le Premier ministre Laurent Lamothe doit évaluer le plan spécial de ce coin de terre en pleine mer élaboré depuis février. Les riverains verront pour la première fois de l’histoire de cette zone un chef de gouvernement et les membres de son cabinet ministériel venus discuter des projets pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Aucun autre gouvernement n’avait posé le problème des îles adjacentes qui auraient pu être des pôles de développement. Après avoir conçu des plans spéciaux pour Port-de-Paix et pour Jérémie, deux chefs-lieux de département difficiles d’accès, Lamothe a poursuivi sa course vers Ile-à-Vache pour arriver ce week-end à La Gonâve.
Les plans spéciaux conçus par le gouvernement Lamothe dans la plupart des agglomérations constituent une initiative louable, mais il n’y a pas lieu de parler de plan de développement. Les plans spéciaux conçus par le gouvernement répondent à des besoins urgents de la population. Un plan de développement est conçu pour le long terme, tandis que les plans spéciaux visent pour la plupart le court terme. Dans les agglomérations où les plans spéciaux ont été exécutés, aucune étude n’a été réalisée pour déterminer la capacité de la zone à se lancer dans une production quelconque pour accroître la croissance économique. Le Premier ministre s’est contenté de réaliser des projets pour faire face à certaines difficultés. La construction de marchés publics, de routes, de complexes sportifs, d’écoles et de places publiques répondent à des besoins non satisfaits depuis des lustres. Le gouvernement pourrait bien les intégrer dans des politiques publiques. Une étude par plusieurs économistes aux fins de déterminer la capacité de produire des biens et services dans les différentes zones susciterait la création d’emplois qui pourrait améliorer la qualité et les conditions de vie de la population.
Espérons que le Premier ministre Laurent Lamothe va tirer les leçons des différents plans spéciaux pour rectifier le tir. En sa qualité de Premier ministre, Laurent Lamothe est le Premier chef de gouvernement d’un président élu qui a pu disposer d’une si grande marge de manœuvre pour assurer la gestion de son cabinet ministériel. Les Premiers ministres des deux présidents élus pendant ces vingt-quatre dernières années, à savoir Jean-Bertrand Aristide et René Préval, n’avaient pas la latitude de nommer et de mettre fin aux fonctions d’un ministre du gouvernement lorsqu'ils n'étaient pas satisfaits de sa gestion. Aucun Premier ministre ne disposait non plus de la même quantité de crédits budgétaires lui permettant de prendre autant d’initiatives.
Après ces plans spéciaux, Laurent Lamothe doit redéfinir sa stratégie, s’il veut penser le développement. L’homme haïtien et son environnement doivent être considérés comme le point de départ de la réflexion du Premier ministre Lamothe pour poser les bases du développement durable du pays. A quand des plans de développement des villes frontalières, si le Premier ministre veut vraiment se distinguer ?
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