Le président Michel Martelly a consulté ce lundi. Pas des patients ni ses médecins. Le président a fait défiler au palais national des amis, des politiques et même des opposants. Au plus fort de la journée, les têtes des trois pouvoirs - législatif, exécutif et judiciaire - étaient en tête à tête dans une salle de la plus belle adresse de l’avenue de la République. Cela faisait des semaines que le lancement du dialogue était attendu. On n’y est pas encore, mais à pas de loup on s’y dirige. C’est le 20 août dernier, il y a déjà plus d’un mois, que le bureau du grand Corps avait écrit à Son Excellence le président de la République pour lui proposer de revenir à la table du dialogue, cette fois, uniquement avec ses opposants en vue de trouver une solution à la crise préélectorale et, du coup, éviter un vide institutionnel au deuxième lundi du mois de janvier 2015. Dans un premier temps, le président avait repoussé adroitement la demande. Le président du Sénat Dieuseul Simon Desras, pour ses pairs du bureau, a récidivé. La deuxième lettre du sénateur du Centre, plus mordante, a eu plus de chance. Le palais accepta, cette fois, l’idée de boire le lait du dialogue dans un verre commun. Pour le bien de la nation. Quand on demandait pourquoi la présidence prenait autant son temps avant de lancer les invitations, « Pour bien faire les choses », expliqua Lucien Jura, le porte-parole du premier locataire de la nation. Quand on soupçonna les avancées du calendrier de coïncider avec des réunions de la communauté internationale sur Haïti, Jura jura qu’il n’en était rien. Alors ne voyez aucune malice dans le fait que le président Martelly a consulté lundi avant de partir mardi pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est une simple coïncidence heureuse. Ce lundi est comme un coup d’épée dans l’eau. A son retour, le président Martelly retrouvera le problème électoral intact. Le dialogue n’a toujours pas commencé et les membres du groupe des 6, les vrais opposants sur qui tout achoppe, ne se sont pas présentés pour rejoindre la table de consultation dressée au palais ce lundi. Aux dernières nouvelles, copie de la lettre d’invitation du palais à l’appui, ils ont été invités trop tard. Pour un rendez-vous pour ce lundi, l’invitation n’est arrivée au Parlement que vendredi après-midi. Le dialogue n’a pas commencé qu’à pas de chat : on s’en éloigne.