« Ah, votre président ne viendra pas !!! », « Il y a encore des problèmes en Haïti », « Votre président et votre Premier ministre nous font faux bond, que c’est dommage ». Les commentaires sont tristes, peinés, mais aussi, un peu convenus.
Haïti reprend sa place sur la liste des pays à problèmes dont on parle avec commisération dans les allées du Grand Théâtre, là où le Village de la Francophonie a pris place.
Ceux qui en parlent sont des officiels qui ont visité Haïti ces dernières années. Des gestionnaires de programmes en place en Haïti. Des amis du pays ou des journalistes qui suivent la francophonie diverse et désordre.
Nous sommes à Dakar pour le 15e Sommet de la francophonie, ici, c’est l’Afrique et on connaît les crises politiques.
A chaque fois qu’un interlocuteur lit sur le badge « Haïti » et fait connaissance, il secoue la tête. Tout le monde a lu les derniers articles qui fleurissent dans la presse et certains la dépêche de ce 28 novembre 2014 de l’Agence France Presse (AFP) repris par les médias du monde entier.
« Ah, il y a encore des manifestations en Haïti !!! ». Ce n’est pas une question. Un constat. Et recommencent les explications sur ces élections non tenues et sur l’impossibilité de les tenir depuis plus de trois ans.
Dans le monde francophone, Haïti n’a fait illusion que pendant le 14e Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) de Kinshasa, en 2012. A Montreux, en 2010, l’émotion de l’après - tremblement de terre avait valu au pays une résolution spéciale. Mais au Congo-Kinshasa, la venue du président Michel Martelly avait rehaussé la présence d’Haïti. En 2012, Haïti s’était même portée candidate pour organiser le Sommet de 2016.
Michaëlle Jean est plus Canadienne que jamais, les dirigeants haïtiens, Martelly et Lamothe, ayant évité de faire le déplacement à Dakar à cause de la situation politique de ces derniers jours au pays.
Cette année, c’est le retour aux vaches maigres. Et aux problèmes. Personne ne parle plus de la candidature d’Haïti pour organiser le sommet de 2016, sans attendre la décision des chefs d’Etat qui désigneront le siège du prochain sommet.
Haïti est visiblement placée sur la mauvaise liste. Dans la colonne des pays où la démocratie ne se porte pas bien. Et à l’OIF, même les plus brigands, les anciens putschistes, les mal-élus n’aiment pas ce compagnonnage.
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