Haïti offre, ces dernières semaines, un triste spectacle au reste du monde. A chaque jour son lot d’inquiétudes. La grosse machine de communication du pouvoir Tèt kale semble être en panne. Elle a cessé de produire de jolis slogans comme « Haiti is open for business » ; Haïti avance ; Haïti décolle… Les mauvaises nouvelles liées à la crise multiforme à laquelle le pays fait face prennent le dessus sur les rares initiatives pour vendre une meilleure image du pays.
Affaibli par une longue crise préélectorale, le président Martelly se montre visiblement désarmé face à la conjoncture. Le Premier ministre Evans Paul, qui a pris ses fonctions le 16 janvier dernier, tarde à se montrer maître de la situation. Des écoles publiques en dysfonctionnement depuis la réouverture des classes début janvier, l’image des véhicules de l’Etat en flamme, des manifestations en boucle de l’opposition dite radicale en sont la preuve. Il n’y a pas de doute que cette situation fait l'affaire des bandits armés qui en profitent pour endeuiller les familles haïtiennes. La semaine écoulée, un policier et un médecin ont été tués en plein jour à Fontamara. A Cité Soleil, les bandits s’affrontent. Il paraît que la police haïtienne n’est même pas au courant.
Cette situation explosive est une aubaine pour les opposants de Michel Martelly qui ne jurent que par son départ du pouvoir tandis que pour le pouvoir il y a de quoi s’inquiéter. Le dossier de la baisse des prix du carburant à la pompe et celui du dysfonctionnement des écoles publiques depuis des semaines constituent un vrai cocktail Molotov. Une bombe à désamorcer. L’accord signé lundi soir entre le gouvernement Paul et les syndicats de transports en commun est loin d’étancher la soif d’une bonne partie de la population qui continue d’exiger une nouvelle baisse des prix des produits pétroliers à la pompe. Quant à l’accord signé entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats d’enseignants, il est loin de produire l’effet escompté. Le Premier ministre Evans Paul, qui, contrairement à son prédécesseur Laurent Lamothe, travaille dans l’ombre, ne peut pas se permettre d’ignorer ces deux dossiers brûlants. Un sage n’a pas dit que diriger c’est prévoir ?
.comSi vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Connectez-vousPas encore de compte ? Inscrivez-vous
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.