Le Japon est le pays le plus affecté au monde par les catastrophes naturelles. Le pays connaît régulièrement des typhons, l'équivalent de nos cyclones. Il est frappé périodiquement par des tremblements de terre majeurs. Il lui arrive de subir des éruptions volcaniques. Les tsunamis sont toujours à craindre. Le Japon a été aussi touché par la force humaine la plus destructrice: la bombe atomique. Deux fois. A Hiroshima et à Nagasaki. Pendant la Seconde Guerre mondiale. Être durement éprouvé n'a jamais empêché les Japonais de faire la course pour être une économie florissante, un géant technologique et une puissance qui domine l'énergie nucléaire à des fins civiles. Contre les éléments, en dépit de la nature, les Japonais, depuis des millénaires, avancent de front. Méthodiquement. Le 11 mars 2011, à 14heures 46 un séisme de magnitude 9, dont l'épicentre se situait en mer, a eu lieu sur la côte nord du Japon. Les secousses ont été ressenties sur la terre ferme. Les alarmes ont retenti. Les secours se sont mis en branle. Chaque Japonais savait quoi faire en pareille circonstance. Ils en ont l'habitude. Mais ce 11 mars 2011, le tremblement de terre ne ressemblait à aucune autre catastrophe. Quelques minutes après, alors que certains se débattaient sous les débris et les décombres, un gigantesque tsunami engloutissait des régions entières emportant tout sur son passage. Comme si cela ne suffisait pas, la nature s'en est prise à la plus résistante des constructions humaines: une centrale nucléaire. Une troisième catastrophe majeure se mêlait de la partie. Le Japon était plongé au plus profond de l'horreur. Les statistiques des morts et disparus avoisinent les 20 000. Les dégâts s'élevèrent à des centaines de milliards de yens. Ce 11 mars 2011, pendant que le Japon activait tous ses plans de secours et d'urgence, le monde entier comprit que l'on n'est jamais préparé à affronter les catastrophes et qu'il existe toujours la probabilité que le pire des scénarios devienne réalité. L'autre leçon, et c'est celle qu'il faut retenir, car rien ne sert de blâmer l'enchaînement des fatalités, c'est qu'on doit toujours se préparer au pire en matière de réduction des risques. Un choc peut être terrible. Les pertes incommensurables. Mais le devoir de ne pas insulter l'avenir impose de ne pas se reposer sur la peur de l'inconnue ou sur la foi en la baraka. Le pire arrive. Plus souvent qu'on ne l'espère. Il faut toujours s'y attendre. Dans une vie d'hommes et de femmes comme dans celle d'une communauté ou d'un pays. L'exemple japonais n'est pas l'empilement des millions de dollars pour le prédésastre, ce n'est pas la course aux milliards pour le post-désastre et la reconstruction, mais l'éducation aux risques pour que chacun ait le bon geste au bon moment. On peut ne pas être prêt, mais chacun, chaque institution, doit avoir un plan. Du Japon étant, ce 11 mars, qui peut dire que Port-au-Prince est mieux préparé qu'il y a cinq ans ou le Cap-Haïtien en état de survivre à un autre 1842 ?