Le président Michel Joseph Martelly boucle ce 14 mai la quatrième année de son quinquennat. Ses cinq « E », pour reprendre les formulations courantes, sont « des E dans l’eau » des « E muets » des « E fêlés ». Les 500 000 emplois promis n’ont pas été créés. La « réussite » marquante en matière environnementale a consisté en des programmes burlesques dont le reboisement du ciel et l’enterrement d’arbres. Il n’y a pas de cartes à montrer, sur le déboisement contenu ou sur les espaces reboisés en quatre ans.
Le ministère de l’Environnement, inexistant mais efficace à engloutir des fonds publics, est resté fidèle à lui-même.
Les intentions de réforme de l’ED’H, pour la rendre viable, ne se sont pas matérialisées dans la glaise du réel. Des cadres compétents se sont assis dans « la chaise électrique » de directeur général avec leurs illusions avant de se faire griller. Leur électrocution n’a surpris ni ému personne.
La compagnie d’Etat, tranquillement, continue d’absorber plus de 200 millions de dollars américains l’an de subvention du Trésor public.
Le PSUGO, vingt-quatre heures avant le 14 mai, a reçu un direct de droite en plein visage pendant la conférence conjointe Evans Paul et Nesmy Manigat. Coup de balai, grand nettoyage en vue dans le programme-phare de l’ère Martelly. Là encore, l’obstination à avoir des chiffres pour se vanter d’être le premier à faire autant dans l’éducation a flingué les bonnes intentions. La société des vampires et des filous du système se sont donné à cœur joie.
Pour l’Etat de droit, il n’y a plus rien à dire. L’équipe Tèt Kale s’est creusé une fosse tellement profonde qu’il est difficile de l’en extraire. Il y a eu Calixte Valentin, Evinx Daniel et Sonson Lafamilia. Enorme. Impensable. Culot. Toupet. La proximité entre le pouvoir et des mafieux est plus qu’une évidence aux yeux d’une bonne partie de l’opinion qui encaisse, qui encaisse.
L’année de ses quatre ans, les accumulations du « clan Martelly » est entrée dans le débat politique. Les ambassades collectionnent les « preuves » de stades devenus villas ou fitness. Dans la construction d’infrastructures publiques, des critiques soulignent, non sans pester, qu’il faut être proche du premier cercle des Tèt Kale pour décrocher des contrats juteux. Le secteur, sous Martelly, vit les méfaits des réflexes « moun pa ». Pas de libre et saine compétition pour stimuler le marché. Pour le moment, tout le monde sait qui est copain avec qui et qui est derrière les firmes qui raflent tout ou presque tout.
Emplois, Environnement, Etat de droit, Education, Energie, cherchez l'erreur afin de trouver les causes de l'échec...
A l’entame de sa cinquième année au pouvoir, Michel Martelly va défendre son bilan, solliciter le vote de la population haïtienne avec qui il a eu, pendant sa carrière de chanteur, une connexion véritable. Il était là, présent, ne ménageant pas ses efforts à chaque catastrophe qui frappait le pays. Président de la République, en dépit de ses boulets, certains maintiennent qu’il a toujours été habité par la volonté de bien faire, de passer à l’histoire.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.