Pour la première fois dans l’histoire d’organisation des élections en Haïti, un si grand nombre de personnalités exprime le désir d’assurer la gestion des affaires de l’Etat. 70 candidats ont fait le dépôt de leurs pièces au Bureau électoral départemental de l’Ouest, dont les uns sont plus inconnus que les autres. Certains observateurs qualifient de grotesque ce spectacle de candidats à la présidence. D’autres attribuent cette affluence de candidats à la présidence à la mauvaise gouvernance répétée des chefs d’Etat qui se sont succédé au palais national pendant ces quarante dernières années. Des citoyens d’horizons divers ; des chefs de partis politiques, des professeurs d’université, des traditionnels candidats à la présidence, des travailleurs de la presse, des fonctionnaires de l’Etat et d’autres professionnels constituent le profil des candidats à la magistrature suprême.
En analysant ce sombre tableau de candidats qui, pour la plupart, n’ont aucune qualification même pour assurer la gestion de la plus petite entité administrative d’Haïti, qui est le Conseil d’administration de section communale (Casec), on pourrait classer ces candidats en cinq catégories. Une première catégorie regroupe des personnalités sur qui pèsent des doutes sur leurs facultés mentales. Des gens qui, au cours de leur existence, auraient été atteints de troubles mentaux et qui n’auraient jamais été soignés. Ils représentent une partie importante des candidats. Ils sont pour la plupart des inconnus. La deuxième catégorie comprend les revanchards. Ceux qui croient pouvoir se venger de la présidence de Martelly, de la société et du secteur des affaires. La prise du pouvoir est pour eux l’unique moyen d'arriver à leur fin. Ils véhiculent un discours démagogique. La troisième catégorie de candidats regroupe des traditionnels chefs de partis politiques qui sont candidats à chaque élection présidentielle. Il y en a qui sont à leur quatrième participation, d’autres à leur troisième participation et quelques rares sont à leur première participation. La quatrième catégorie comprend ceux qui sont à la recherche d’un pactole. Avec des contacts en Haïti et à l’étranger, ces candidats espèrent trouver quelques sous en se lançant dans cette course. La cinquième catégorie comprend pour la plupart des gens qualifiés et qui possèdent une très grande expérience de gestion des affaires et qui auraient aimé changer les conditions de vie de la population à travers une bonne gestion des affaires de l'Etat.
Contrairement à ceux qui pensent que cette affluence de candidats à la présidence est un bon signe pour la santé de la démocratie, ce spectacle est de nature à mettre en doute notre capacité à créer de façon pérenne une nation qui est fondée sur la solidarité sociale, sur une communauté d’intérêts. Ces cinq catégories de candidats à la présidence sont la représentation du déchirement du tissu social où ces catégories symbolisent des groupes disparates qui n'ont aucune considération les uns pour les autres. Il faut prendre le pouvoir à tout prix au détriment de l’autre.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.