Après les remous provoqués par la publication de la liste définitive des candidats aux législatives la semaine dernière, le Conseil électoral provisoire doit, cette fois-ci, après jugements au Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) et au Bureau du contentieux électoral national (BCEN), publier la liste définitive des candidats à la présidentielle sur les 70 postulants en lice. En 1987, la nonchalance du Conseil national de gouvernement de l’époque, malgré les menaces des candidats tombés sous le coup de l’article 291 de la Constitution, nous a conduit au carnage du 29 novembre. Les menaces proférées tout au long de la semaine par les partisans de l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe, de l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles et de l’ancien maire de Delmas, Wilson Jeudi, rappellent les événements survenus à cette époque.
Comment le gouvernement et la Police nationale d’Haïti vont-ils prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des vies et des biens au moment de la publication de la liste définitive des candidats agréés pour la présidentielle ? Les accusations des uns et des autres sont dirigées sur l’unique institution chargée du contrôle des comptes de l’Etat, en l’occurrence la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, pour raison de décharge d’une part, et sur le Conseil électoral provisoire d’autre part, comme organisme indépendant doté de la plénitude des pouvoirs sur les opérations électorales. Selon toute vraisemblance, l’institution électorale va adopter les mêmes dispositions qui ont été prises à l’encontre des candidats aux législatives en contravention avec la loi contre ceux de la présidentielle se trouvant dans la même situation. Les mêmes causes produiront les mêmes effets.
Dès lors que l’organisme électoral aura fait son travail conformément à la Constitution et les lois en vigueur, il reviendra au gouvernement, par l’entremise de la justice et de la police, de prendre les mesures que de droit pour créer les conditions nécessaires à la sauvegarde de la paix civile. Comment une personnalité qui fait acte de candidature pour servir son pays comme président de la République peut-elle être favorable à la violation de la Constitution qu’elle jurerait de respecter et de faire respecter si elle parvenait à gagner la confiance des électeurs?
La panique créée hier jeudi sur la route de Delmas par les partisans de l’ancien maire Wilson Jeudi est de nature à prouver l’incapacité des autorités policières en matière de prévention et d’intervention rapide en situation de troubles à l’ordre public. Qu’est-ce qui empêche le Conseil supérieur de la Police nationale d’anticiper sur certains événements, vu que les menaces ont été proférées vingt-quatre heures avant les agissements des proches des candidats ?
A quelle fin sont utilisés les fonds versés à la PNH pour investigation si le banditisme ne peut être circonscrit dans la zone métropolitaine où toutes les unités d’élite sont cantonnées ?
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