Vous êtes sans doute au courant. Le rappeur Kaney West veut se porter candidat à l’élection américaine. La vedette en a fait l’annonce fin août lors de la cérémonie de remise des MTV Video music awards. Il y recevait un prix pour l'ensemble de sa carrière. Celui qui partage la vie et les courbes de Kim Kardashian attendra les joutes de 2020. Il n’est pas pressé.
D’autres ont un besoin plus urgent du suffrage populaire. Donald Trump, homme d’affaires milliardaire connu pour être un animateur d’émissions de télévision, caracole en tête des sondages pour décrocher l’investiture chez les républicains. Celui qui a échoué à plusieurs reprises à se faire élire a repris la route avec conviction et mène campagne comme ses affaires, comme sa vie, dans un show permanent.
Il n’est pas la seule vedette qui veut se reconvertir dans la politique. Le boxeur Manny Pacquiao veut devenir président des Philippines. Surnommé Pac Man, celui qui a été élu boxeur de l'année en 2006, 2008 et 2009, l’ancien champion du monde WBC des mouches, ancien champion du monde IBF des super-coqs, ancien champion du monde WBC des super-plumes, ancien champion du monde WBC des légers, ancien champion du monde WBO des welters et ancien champion du monde WBC des super-welters, a déjà été élu deux fois député au congrès des Philippines. Cette fois, «En 2016, une fois qu’il aura été élu sénateur, il arrêtera la boxe, a confié son promoteur Bob Arum. Ensuite, il préparera sa candidature à la présidence des Philippines.»
Si certains en rêvent, d’autres sont à deux doigts de toucher l’écharpe présidentielle. Jimmy Morales, acteur comique, est en tête des sondages au Guatemala. L'humoriste, entré dans la vie politique récemment, est en tête avec 25% des intentions de vote pour l’élection de dimanche, rapporte l’AFP. Jimmy Morales, animateur d'une émission humoristique à la télévision, est célèbre dans son pays pour son rôle de "Neto", un cow-boy naïf qui finit par devenir président par accident. C'est justement ce qui pourrait lui arriver, alors qu'il a percé de manière spectaculaire ces derniers mois sur la scène politique nationale, mais sans programme concret. Maniant l'humour durant ses meetings, il est perçu par les électeurs comme une alternative aux hommes politiques traditionnels, selon une dépêche de l’Agence France Presse. «Pendant 20 ans, je vous ai fait rire, je vous promets que si je deviens président, je ne vais pas vous faire pleurer», promet-il.
Les USA, les Philippines, le Guatemala vont faire l’expérience des vedettes dans la politique. Les Philippines avaient déjà eu un acteur à leur tête : Joseph Estrada. Vice-président de 1992 à 1998, il devint président la même année avant de perdre le pouvoir en 2001, accusé de corruption. Les USA furent dirigés par un acteur. Ronald Reagan. Ce dernier fut comédien, président du syndicat des acteurs à Hollywood, gouverneur de Californie puis président des Etats-Unis d’Amérique de 1981 à 1989. Quant au Guatemala, le pays a surtout connu une belle collection de militaires, de dictateurs, pas connus pour être des blagueurs. Mais, il n’est jamais trop tard pour commencer une liste…
Qu’est-ce qui explique ce tournant dans la vie des nations ?
Mario Vargas Llosas cherche des réponses dans son dernier ouvrage « La Civilisation du spectacle », paru à Paris chez Gallimard en début de l’année 2015.
A le lire, tout est plus complexe que vous ne le croyez. Les peuples souhaitent une vie festive, de la politique-spectacle. Les médias ont fait le lit de cette nouvelle mode. Haïti y est en plein. Ce n’est pas avec le meilleur qu'on gagne, mais avec une bonne présence sur la scène médiatique. Elu, on peut bien se comporter ou lamentablement échouer. Ça c’est une autre affaire.
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