Dimanche, jusqu’au moment de la clôture du scrutin, les observateurs et les électeurs étaient unanimes à déclarer que le 25 octobre était mieux que le 9 août. Sur tous les points. L’organisation, la sécurité, le transport, la participation. Les compliments ont commencé à pleuvoir. Ceux qui sont payés pour faire leur travail l’ont fait au mieux de leur capacité. Dans aucun pays, ceci ne constitue un exploit. Ici, c’est un immense miracle.
Pendant toute la journée, même devant l’isoloir (qui n’isolait rien) la majorité des électeurs se sont demandé pour qui voter. Les maires étaient méconnaissables avec la multitude des emblèmes inconnus lâchés en pâture sur le bulletin de vote. Les sénateurs et députés, on les avait en prime, car la majorité de ceux qui avaient fait le déplacement étaient venus pour choisir le prochain président. Beaucoup d’élus le seront par défaut. Combien de candidats resteront prisonniers de leurs mauvais rêves de nous gouverner ?
Mandataires et observateurs passeront indéniablement à l’histoire comme étant les grands électeurs des élections de 2015. Ils sont plus nombreux que les partis politiques ne comptent de membres. Plus nombreux que les électeurs. En mission, embrigadés, ils ont fait le job de surveiller, de rapporter, mais surtout de participer. Dans de nombreux cas, plus d’une fois, ils ont voté. Voter frauduleusement avec une autorisation officielle accrochée au cou, c’est le pied.
Après la campagne et le vote, le plus dur commence : le dépouillement ; la collecte et le transfert des procès-verbaux ; la tabulation des résultats ; la proclamation des résultats préliminaires ; les contestations et recours; le contentieux ; les résultats définitifs. Ayant beaucoup de temps, le processus électoral haïtien étire ce qui se passe dans les autres pays en quelques heures sur 20 jours… cela donne du temps à tout.
Si, dans certains pays, les élections ont trois parties : la campagne, le vote et les résultats, en Haïti, il y a une quatrième partie, celle du temps des dénonciations, des protestations et des réclamations. Mauvais gagnants et mauvais perdants vont s’affronter. Cela peut être long ou bref. Violent ou réglementé. Dimanche, le désordre et la violence ont été mis en échec. Les magouilles et les manipulations seront-elles tenues en respect ?
Encore une fois, nous sommes en avance sur les autres pays du monde: pour les élections de 2015, dénonciations, protestations et réclamations commencent avant même la proclamation des résultats.
Le Conseil électoral veut avoir la haute main sur la suite du processus, il lui faudra être adroit et honnête pour nous éviter de reprendre le chemin des élections de 2010.
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