Il y avait grève ce lundi dans tout le pays. L’appel à la grève pour deux jours a échoué. Avant, il a mis en échec la PNH. Et, bien avant, le gouvernement, depuis vendredi. La grève a avorté. Avant midi ce lundi, les syndicalistes du secteur des transports en commun avaient déjà reconnu l’inanité de leur mouvement. Après une demi-journée, le deuxième jour de grève n’avait plus d’utilité. La grève inutile a quand même fait des victimes. Les seuls qui ont payé le pot cassé, encore une fois, ce sont les élèves et surtout l’école. Notre niveau d’éducation laisse déjà à désirer, on lui enlève encore de son crédit. Les autres activités, un pied, une dent, ont été clopin-clopant pendant toute la journée de lundi. On espère que mardi sera un jour meilleur. Avant de faire long feu, la grève a mis en échec les dispositions belliqueuses de la Police nationale d’Haïti. La conférence de presse de dimanche à la Primature de tout le haut état-major de la PNH n’a pas su rassurer ni apporter la confiance dans les familles. Les enfants ont été gardés à la maison et chacun a regardé en haut et en bas avant de mettre un orteil dans les rues, ce lundi. Comment faire confiance à une police qui, les jours où on compte sur elle, est soit absente et indifférente comme le 9 août, soit brutale ou d’une aveugle violence comme elle l’est depuis la proclamation des résultats de la présidentielle ? Le gouvernement aussi avait été terrassé par l’annonce de la grève, bien avant qu’elle ne se tienne. Toutes les mesures de la rentrée d’octobre qui avaient suscité une polémique sont retournées dans les cartons. Les annonces maladroites et le mauvais timing ont coulé les ajustements qui avaient du sens. La politique a repris le dessus. On peut l’apprécier, on peut le déplorer. Mais un fait est, en acceptant de perdre la face depuis vendredi, le gouvernement a pu respirer ce lundi. La politique, c’est avant tout savoir bien évaluer les rapports de force et, ce lundi, ce sont les syndicats qui ont bu la coupe jusqu'à la lie, sans une goutte du vin de la victoire. Reste les autres problèmes de la conjoncture : les élections, le CEP et le destin des candidats. Contrairement à la grève, on n’a pas fini d’en parler. Ni de la crise de confiance qui nous ravage.