La Noël et le Nouvel An sont à nos portes. L’année 2015 vit ses derniers jours. Comme cela est une tradition pour Le Nouvelliste, nous faisons une halte. Ce numéro est le dernier avant la célébration du congé de la Nativité. Quelle que soit votre religion, que vous soyez catholiques, protestants, vaudouisans, musulmans ou athées, nous vous convions à prendre quelques heures dans les jours qui viennent pour vous retrouver avec vous-mêmes, dans un tête-à-tête introspectif. La fête n’est jamais plus belle que lorsque vous la savourez en toute quiétude, dans le silence, avant de replonger dans le tumulte des jours qui passent. A pareille époque, chaque année, nous prenons plaisir à présenter à nos lecteurs, abonnés, commanditaires, collaborateurs et amis, nos meilleurs vœux pour la Noël et le jour de l’An ! Nous le faisons de bon cœur cette année. Le Nouvelliste, encore une fois, tient à remercier, avec cette année qui finit et avant que ne commence la nouvelle, ceux qui lui témoignent une fidélité continue comme abonnés, annonceurs, lecteurs occasionnels ou e-lecteurs. Vous qui êtes de plus en plus nombreux, vous tous qui définissez, chaque jour, une nouvelle géographie de la distribution du journal, MERCI. Aux femmes et aux hommes de bonne foi et de bonne volonté, mais surtout à tous les autres, nos meilleurs vœux pour le temps des fêtes de fin d'année et du Nouvel An. Aux autorités établies, à nos commanditaires, à nos lecteurs, à toute l’équipe du Nouvelliste, que le meilleur soit avec vous. Cette année 2015 a retrouvé Haïti devant le défi plusieurs fois repoussé d’organiser la transmission ou le renouvellement pacifique des postes électifs. Cette année, après plusieurs rendez-vous manqués, nous avons transformé un simple exercice démocratique en un insurmontable mât suiffé. Le 9 août, la violence a fait une brutale irruption dans le jeu politique et le 25 octobre les soupçons de l’après-vote ont anéanti la confiance dans le scrutin. Deux mois après le premier tour de la présidentielle, le rendez-vous du 27 décembre a été reporté sine die. Nous sommes à évaluer le processus électoral pour l’améliorer. Comme un enfant qui a cassé son jouet aux premières heures du 25 décembre, chacun se demande ce qui n’a pas marché. Quel est l’enjeu d’élections acceptables en Haïti ? Chacun doit se poser la question pendant que nous sommes dans le no man’s land de cet indéfinissable entre deux tours. Des élus mal élus vont traîner la tare de leur élection comme un fardeau dans un pays déjà chargé de toutes sortes de problèmes et d’entraves. Nous avons vu ces dernières années les tourments du charismatique Michel Martelly. Qui peut souhaiter pareil sort à un autre président ? Qui peut croire que des parlementaires ou des édiles aux cocardes entachées d’accusations pourront prendre les bonnes décisions et redresser la barque nationale, si dès le jour de leur investiture ils sont contestés ? En 2015, la politique, dans ce qu’elle a de plus imprévisible, a été le moteur de la société haïtienne et a entraîné dans son malfonctionnement le retard de tous les autres secteurs. Nous payons, cette année encore, au prix fort, notre dépendance aux jeux politiciens. Les élections, qui sont le carrefour obligé de la vie politique, au lieu d’être d’une régulière banalité, se transforment à chaque fois en pensum, en crise attendue, planifiée, redoutée et subie. Il est normal que périodiquement les dirigeants changent, il est anormal que cela provoque comme en 2015, encore une fois, une catastrophe économique et sociale dont nous allons prendre des mois à nous relever. Bien entendu, le miracle n’aura pas lieu, ne peut avoir lieu. On ne peut pas faire l’économie des rendez-vous électoraux et s’étonner que cela provoque des difficultés innombrables quand les échéances se bousculent. On ne peut pas convoquer le peuple dans ses comices le plus rarement possible et s’attendre à ce que son comportement, celui des partis politiques, des candidats et des organisateurs d’élections soient exemplaires et sans reproche. Nous planifions l’échec de nos élections comme nous sommes incapables de mettre le pays sur les rails de l’aller mieux. Il y a de temps à autre des éclaircies, mais la météo est orageuse vue les conditions objectives que toute la société haïtienne met en place. Reprendre le fil de notre destin démocratique demande un grand effort qui commence dès l’école. Il doit se poursuivre à l’université, dans nos mass medias, dans les associations, dans les rapports quotidiens de l’administration avec les citoyens, mais, avant tout, notre destin démocratique doit être rêvé, souhaité, pensé, ensemencé, entretenu. Haïti a besoin, aujourd’hui plus qu’hier, d’un vrai audit de ses problèmes. Aller de l’avant est à ce prix. Aller de l’avant nous oblige aussi à redéfinir la place de la politique comme boussole de nos actions comme peuple et nation car nos politiciens, libres d’échouer, dispensés de toute sanction, ne prennent même plus le temps d’espérer le meilleur des scénarios, de nous proposer un programme minimum. Au carrefour de l’année nouvelle, cessons de rêver d’un glorieux passé dépassé depuis des siècles et ingénions-nous à construire, du mieux des capacités de chacun, les indispensables miracles qui nous font défaut. Le premier sera de sortir de l’impasse électorale sans nous bercer d’illusions ni de vaines attentes. Nos meilleurs vœux à tous !!!