De l'Organisation des États américains ou de l'Office national d'identification, du Conseil électoral provisoire ou d'une quelconque officine gouvernementale, qui est en train de préparer les futures élections ? La question peut paraître comme une tempête dans un verre d'eau, tant le temps politique semble se dérouler sans précipitation, sans rendez-vous annoncé, mais convenez que pour renouveler le tiers du Sénat, donner un mandat aux maires, il faut bien que des élections se tiennent cette année. Déjà, nous sommes en retard. Et au train où vont les choses, le Sénat risque de perdre un autre tiers avant que le peuple soit appelé en ses comices. Sauf si, quelque part, quelques hommes s'attellent, dans le silence de soyeuses alcôves, à nous concocter des élections sur du velours. Certains craignent déjà le tapis vert du vote électronique. Ce n'est pas que rien ne se passe sur le terrain. Les partis politiques sont soit en vacances, soit plongés dans un profond coma, le CEP fait la chasse aux détrousseurs de ses biens, pendant que INITE s'estompe, perdu dans des luttes fratricides. INITE, la plus puissante plateforme politique de la fin de la première décennie du 21e siècle, se couvre déjà de poussière. Le déclin des empires se ressemble. Les anges déchus aussi. Ils changent de camp. Michel Martelly prépare, dit-on, sa plateforme. Cela va dans tous les sens : regroupement d'artistes que l'on annonce candidats aux futures sénatoriales ; nouvelles émanations qui font le chemin de croix des procédures légales pour devenir parti politique reconnu ; et regroupement de caciques qui charpentent leur retour. Autour du président, de la présidence, il y aurait une invincible armada en gestation... Pendant ce temps, nos bons amis de la communauté internationale poussent pour la publication de l'amendement de la Constitution. Ils ont sans doute un plan que ne semblent pas bien connaître ceux qui hésitent à suivre leurs conseils. Entre hésitations et calculs, les élections piaffent dans le starting bloc, les partis politiques préparent leur renaissance et les stratèges de tous bords rêvent de victoire.