Depuis le départ de Jean-Claude Duvalier pour l’exil en 1986, à chaque période électorale et en période de crise politique aiguë, tous ceux qui rêvent d’une Haïti nouvelle ne cessent de tourner autour du pot pour réfléchir sur les voies et moyens pour nous tirer de l’ornière du sous-développement. En 1986, les hommes politiques de l’époque se posaient deux questions : faut-il prendre le pouvoir pour changer le pays ou est-il possible de contribuer au changement du pays en dehors du pouvoir ? Les avis étaient partagés et les débats se multipliaient dans la presse sans que les forces politiques dominantes de l’époque ne parvenaient à se positionner sur ce binôme susceptible d’orienter les actions politiques dans un sens ou dans l’autre. Les coups d’Etat en cascade de l’armée ajoutés aux trois années de l’embargo criminel de l’Organisation des Etats américains ont étouffé les velléités des hommes et des femmes qui voulaient se lancer dans la course pour une gouvernance démocratique.
L’évolution des idées politiques des années 90 a surtout été marquée par la montée du populisme. La mauvaise répartition des richesses du pays devenait le leitmotiv des jeunes leaders incapables de trouver la formule idéale de bonne gouvernance du pays face à l’insatisfaction sans cesse grandissante des besoins primaires. L’augmentation graduelle du taux de chômage, la cherté de la vie, les élections frauduleuses à répétition et l’exode massif de nos compatriotes vers la plupart des pays de la Caraïbe et de l’Amérique du Nord ont contribué à mettre Haïti sous les feux des projecteurs de la presse internationale.




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