Elles sont tournées en boucle ces images de rivières en crue, d’inondations, de plantations dévastées, de familles ensevelies sous la boue. Comme toujours, elles sont suivies sur le petit écran de celles d’un président « bon papa », d’une première dame « sensible », d’un Premier ministre ou de ses affidés distribuant des kits d’hygiène, de l’eau, des biscuits… à des populations dépourvues. Même du si peu de dignité, d’humanité qui leur reste en recevant de l’aide, pressées comme des sardines dans de longues files d’attente.
Les pieds dans l’eau, l’estomac dans les talons, ces citoyens ont toujours la mine du catastrophé ayant reçu le ciel sur la tête. Ou celle du chien enragé, décidé de survivre envers et contre tous. Rien de nouveau sous nos cieux. Haïti, sur la route des cyclones, n’est pas à sa première mésaventure en saison cyclonique. De Hazel en 1954 à Sandy en 2012, les Haïtiens en ont vu de toutes les couleurs. Des couleurs de plus en plus sombres en 50 ans, car, avec Jeanne en 2004, un tournant a été marqué. On a vu que des milliers de personnes pouvaient mourir noyées quand l’eau de pluie dévale nos bassins versants quasi dénudés pour inonder nos villes.




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